Anthogyr mise sur l'alternance pour recruter

Publié par © Kelformation - Marion Senant - le | Imprimer | Envoyer à un ami | Réaction (Pas encore de réaction.)

« Regardez ça c’est pour réparer des omoplates », Guillaume Perrollaz tient une petite pièce de métal au dessin compliqué au creux de sa main, sa production du jour. Autour de lui, des machines allongées travaillent des barres de titane et de laiton pour en faire des implants pour la médecine. Guillaume Perrollaz vérifie la qualité des pièces qu’il vient d’usiner, il n’a pas le droit à l’erreur, dans le décolletage, on travaille au quart de millimètre prêt.

Une société familiale et high-tech avec vue sur le Mont-Blanc

Dans l’atelier de production tout blanc, une quinzaine de techniciens travaille comme lui sur ces machines, qui fabriquent servant à réparer le corps humain. Une fierté pour ces professionnels qui souffrent parfois de l’image négative que renvoie l’industrie.

Nous sommes chez Anthogyr, une société familiale de décolletage implantée depuis 65 ans dans la vallée de l’Arve, entre Annecy et Chamonix. L’atelier de production se trouve au cœur du bâtiment flambant neuf de l’entreprise, à deux pas du bureau d’étude et des services généraux. On est loin de l’image « Germinal » que certains ont encore de l’industrie. Le bruit n’est pas assourdissant, la salle de travail est climatisée et, de la fenêtre de la cafeteria, on voit le massif du Mont Blanc.

 

L’alternance comme principal moyen de recrutement

Anthogyr est spécialisée dans le matériel dentaire et les implants. Depuis plusieurs années, elle connaît une belle croissance et son effectif est passé d’une quarantaine de personnes dans les années 80 à plus de 250 aujourd’hui. Et elle voudrait grossir encore, le problème, c’est qu’elle ne trouve personne à embaucher.

L’entreprise a donc fait de l’alternance sont principal vecteur d’embauche, « nous avons embauché tous nos alternants depuis deux ans, sauf un qui n’a pas eu son BTS, explique Kildine Gatto, responsable de la communication d’Anthogyr. En ce moment, nous avons cinq personnes en alternance dans l’entreprise, c’est moins que ce qu’on voudrait. A la rentrée 2012, on espère pouvoir en embaucher dix en apprentissage ».

 

Continuer ses études grâce à l’apprentissage

Guillaume Perrollaz a été un de ces apprentis. Il a été embauché en juillet 2010, en CDI, juste après avoir obtenu son BTS en alternance. Il se défini comme un manuel qui n’avait pas envie de continuer les études. Pourtant, à la fin de son bac pro, il a choisi de continuer encore deux ans : « grâce aux profs et à Jean-Charles, qui m’ont convaincu que le bac pro c’était un peu limite pour être lâché dans la nature ».

Jean-Charles Berruex, c’est le responsable du centre d’usinage, 27 ans d’entreprise. Lui a été formé « à l’ancienne ». Après son BEP, il a commencé à travailler sur des machines traditionnelles avant de se former au numérique « sur le tas ». L’alternance, il y croit dur comme fer : « leur métier, ils l’apprennent avec nous, dit-il en parlant de ses apprentis, l’école leur donne la base théorique mais ça ne suffit pas ».

 

Une intégration professionnelle réussie

Le concret, c’est ce qui a attiré Matthieu Vanderdorpe vers l’alternance. Le jeune homme est en deuxième année de BTS IPM (Industrialisation des produits mécaniques) au lycée du Mont-Blanc. D’un naturel plutôt timide, il a su trouver sa place dans son équipe. Pour lui, l’apprentissage, en lui apprenant à assumer des responsabilités, va faciliter son intégration dans la vie professionnelle.

Du côté d’Anthogyr, on ne s’en cache pas, l’intérêt de prendre des jeunes en apprentissage, et de passer du temps à les former. L'entreprise espère ainsi que dans quelques années, elle aura dans ses effectifs, « des personnes complètement formées à [ses] méthodes de travail et à [ses] produits ».

 

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