Bâtiment : la motivation vaut parfois toutes les qualifications
Publié par Kelformation - Sandrine Guinot - le | Imprimer | Envoyer à un ami | Réaction (Pas encore de réaction.)
Un chef de chantier ancien ingénieur en informatique, un carreleur qui a démarré sa carrière en usine de production...légion sont les métiers offerts par le secteur du bâtiment et nombreux sont les professionnels aujourd'hui en place à avoir exercé dans un tout autre domaine.

« L’escalade a été ma carte maîtresse »
René Lefebvre, cordiste intérimaire
Les travaux en hauteur n’étaient pas la première carrière envisagée par René Lefebvre. Directeur des ventes, cet amoureux d’escalade choisit de se reconvertir au métier de cordiste dans les années 90.
« Ce métier est passionnant mais il use physiquement. Muscles, tendons, articulations… à 45 ans, je suis perclus de douleurs, mais j’aime cette profession. J’ai démarré à 27 ans. Je n’avais ni formation de cordiste, ni de cursus en bâtiment, mais je grimpais depuis l’âge de 15 ans. Un atout de taille dans ce métier ! À mes débuts, tous les cordistes étaient des passionnés d’escalade ou de spéléologie.
Pour le reste, j’ai tout appris sur le terrain, au fur et à mesure. J’ai débuté par des chantiers de nettoyage de vitres puis j’ai découvert les travaux sur clochers et les immeubles haussmanniens. La maçonnerie, l’électricité, la plomberie… j’ai appris sur le tas. Ma première formation en bâtiment, je l’ai suivie l’hiver dernier, en soudure.
Toutefois, ce métier a beaucoup évolué depuis 2004. Aujourd’hui, il n’est plus possible d’exercer sans diplôme. Les problèmes liés à la sécurité et le nombre de décès imputés aux travaux en hauteur font que maintenant, il faut posséder un Certificat d’Aptitude aux Travaux Sur Cordes (C.A.T.S.C) ou un Certificat de Qualification Professionnelle (C.Q.P) cordiste. J’ai été l’un des premiers de ma génération à faire reconnaître mes qualifications par le biais d’une VAE.
Les cordistes sont aujourd’hui plus nombreux en France. Beaucoup sont des jeunes du BTP. Ils travaillent plus d’heures et sont moins bien payés qu’il y a seulement cinq ans. C’est un dur métier, mais que l’on ne souhaiterait jamais devoir arrêter. »
« Maçon est un métier qui s’apprend sur le terrain »
Emmanuel Thévenet, maçon
Apprendre, évoluer, avancer, des mots qui ont toujours rythmé le parcours professionnel d’Emmanuel Thévenet. Testeur de jeux pour la compagnie Atari, le trentenaire gravit peu à peu les échelons pour devenir administrateur réseaux. Mais lassé de l’informatique, il bifurque vers la maçonnerie.
« La compagnie licenciait. Je n’étais pas concerné mais comme j’avais fait le tour de mon poste, j’ai profité de l’occasion. Je m’étais mis en tête de travailler dans la charpente, mais les menuisiers n’étant pas intéressés par les autodidactes, je me suis tourné vers la maçonnerie. Je me suis présenté dans une petite entreprise, annonçant que je ne connaissais rien mais que j’avais deux bras. Ils m’ont pris tout de suite !
J’ai commencé en tant que manœuvre. Je n’étais pas particulièrement bricoleur ou manuel, mais j’avais la volonté et l’envie d’apprendre. Les neufs premiers mois ont été difficiles. J’ai dû perdre 20 kilos. Le métier de maçon est ardu et physique mais j’étais motivé.
J’ai tout découvert sur le terrain, de mes collègues, de mes expériences sur les chantiers. C’est d’ailleurs la seule manière d’apprendre toutes les facettes de ce métier, surtout si l’on commence par les travaux de rénovation, l’école de la débrouillardise !
Les jeunes diplômés ont certes des connaissances théoriques, mais seuls ceux qui font leur cursus en alternance sont opérationnels. Mon unique manque aujourd’hui concerne la lecture de plans. Avec cette compétence, je pourrais être vraiment être autonome. Une formation que j’envisage… »
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