Comment devenir un bon manager de proximité ?
Publié par © Kelformation - Marion Senant le | Imprimer | Envoyer à un ami | Réaction (Pas encore de réaction.)
Managers de proximité, c’est par ce terme qu’on définit le premier niveau de management dans une entreprise. Coincés entre le top management et les collaborateurs, ils doivent jongler entre les attentes de chacun, au risque d’y laisser des plumes.

Depuis environ cinq ans, les directions ont tendance à s’éloigner de leurs collaborateurs de base, laissant une place beaucoup plus importante aux managers de proximité. La crise a accentué ce phénomène, les entreprises ont compris qu’ils étaient le vecteur clé de leur performance et leurs accordent de plus en plus d’attention, notamment en terme de formation. « Les managers de proximité ont un double rôle : un rôle de terrain et un rôle d’interface avec le top management », analyse Sylviane Fontana, directrice de Capitolis, la branche formation continue de l’ESC Toulouse.
Diriger ses anciens collègues et faire le lien avec la direction
Le manager de proximité est le premier niveau d’encadrement d’une entreprise. Souvent, il s’agit d’un collaborateur dont les compétences techniques sont reconnues par la direction et qui se voit offrir une promotion. S’il connaît bien le terrain, dont il est issu, il est souvent peu armé pour gérer la partie « humaine » de son travail, surtout quand son équipe est composée de ses anciens collègues. « Un bon technicien, c’est très différent d’un bon manager, comme un excellent pianiste n’est pas forcément un chef d’orchestre né », illustre Bertrand Duséhu, consultant en formation des managers et auteur de « Manager de proximité », aux éditions Gereso.
Le deuxième rôle du manager de proximité est d’être une interface entre le top management et ses équipe. Il doit être capable de donner du sens aux directives venues d’en haut, les faire comprendre et accepter à son équipe. « Les entreprises qui nous contactent nous demandent de plus en plus d’insister sur ce rôle », remarque Sylviane Fontana.
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Les principales qualités d’un manager de proximité
Une forte résistance au stress : le manager de proximité est confronté à un double stress, celui qui vient de la direction et concerne ses performances, et celui émanant de son équipe. « Pour son équipe, le manager est celui qui ‘‘a changé de camp’’ », explique Bertrand Duséhu. Le formateur estime qu’un manager de proximité qui vient d’être nommé doit donc s’attendre à des comportements parfois agressifs de la part de ses anciens collègues.
Une grande assertivité : le manager de proximité doit avoir une grande confiance en lui pour rester calme lorsqu’il est « agressé » par un de ses collaborateurs. « En France, l’entreprise fonctionne encore sur un système de ‘‘castes’’, analyse Bertrand Duséhu. Le manager de proximité doit se rappeler qu’il n’est pas là pour se faire aimer de son équipe ; mais s’il se révèle être un bon ‘‘boss’’, alors il devrait être aimé de ses collaborateurs ».
Un vrai sens de l’équité : quand on est au contact de ses collaborateurs, difficile de se dégager d’une certaine charge émotionnelle, surtout en cas de conflit ou de différend avec l’un d’eux. Dans ces cas, il y a toujours un risque de ne pas se montrer équitable dans ces décisions. Bien sûr, l’objectivité parfaite n’existe pas, mais un bon manager doit essayer de s’en approcher le plus possible.
Un bon sens de la communication : l’écoute et le relationnel font évidemment partie des qualités de base chez un manager, mais cela ne suffit pas. Sa position, entre le top management et les collaborateurs, lui impose de transmettre les ordres de la direction… même s’ils ne sont pas plaisant. Un ordre du « big boss » n’est pas forcément synonyme de bonne nouvelle, « c’est au manager de proximité d’apprendre à transmettre la nouvelle de façon positive », explique Sylviane Fontana. Cela implique que le manager comprend les enjeux économiques de son entreprise et ses contraintes, pour « interpréter » les ordres à son équipe.
Tout le monde n’est pas fait pour être manager
Devenir manager est considéré comme une promotion dans le monde du travail. Il est rare qu’on se pose la question de savoir si on en a vraiment envie. « Les gens qui ne se sentent pas à l’aise dans cette position n’osent pas le dire et se retrouvent dans une très grande souffrance », observe Bertrand Duséhu. « Manager, c’est un acte humain, il faut savoir se faire accepter avec sa personnalité. Si un manager essaye de jouer un rôle, il court à la catastrophe. Mieux vaut assumer son style, et surtout… faire ce que l’on dit ! ».
* "Le Manager de proximité - Au coeur de la performance de l'entreprise", par Bertrand Duséhu, édition Gereso, Juin 2012.
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