Portugais, chinois, russe, arabe : quelle langue apprendre pour quelle carrière?

Publié par © Kelformation - Agnès Wojciechowicz le

Avec la crise, les entreprises françaises sont nombreuses à s’implanter dans les pays émergents. Les organismes de formation l’ont bien compris et proposent désormais des cours de portugais, chinois, russe et arabe. Le point sur les langues dans le vent et les raisons de les choisir.

Le chinois

Environ 850 entreprises hexagonales sont actuellement installées en Chine. L’Empire du Milieu est devenu une manne pour les sociétés françaises qui y investissent depuis 20 ans. Aéronautique, transport, équipements industriels, construction, agroalimentaire, banque, chimie, pharmaceutique… Les fleurons de l’industrie française y ont pignon sur rue. Se faire embaucher dans une de ces filiales passe par la connaissance de la langue. Car les Chinois possèdent un faible niveau en anglais, selon une étude publiée par l’organisme de formation international Education First.

Si le chinois reste ardu avec ses 50 000 sinogrammes, il faut tordre le cou à certaines idées reçues. « La grammaire est très simple car il n’y a ni déclinaison, ni conjugaison », note Mariarosaria Gianninoto, maître de conférence en études chinoises à l’Université Grenoble 3. « L’oral n’est pas difficile d’accès car on passe par le pinyin, c’est à dire l’écriture du chinois en alphabet latin », complète Michaela Karp, responsable des langues chez Demos. Pour se débrouiller à l’oral, il faut toutefois compter entre 100 et 120 heures de cours et autant d’heures de travail personnel.

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L’arabe

Dubaï, Abou Dhabi, le Qatar, Bahreïn, les Emirats Arabes Unis… De par leurs ressources naturelles, les pays du Golfe persique ont un fort pouvoir d’attraction sur les groupes français, qui y voient là l’occasion de vendre leur savoir-faire. Construction, défense et aéronautique, infrastructure, pétrochimie, pétrole et gaz, environnement sont les secteurs économiques français les plus implantés dans cette partie du globe.

Si les hommes d’affaires de la région manient bien l’anglais, la maîtrise de l’arabe peut faciliter la conclusion d’un contrat ou l’obtention d’un appel d’offre. Reste que « pour celui qui n’a jamais eu de notions, l’arabe est une langue difficile, qui fonctionne différemment de la nôtre », reconnaît Michaela Karp. Si l’alphabet ne comporte que 28 lettres, les soucis commencent avec la lecture de droite à gauche, le nombre très succinct de voyelles, la prononciation de sons gutturaux… «  Les lettres changent en fonction de leur position dans un mot », ajoute-t-elle. Pour maîtriser les bases, il faut prévoir un minimum de 150 à 200 heures de cours pour un débutant.

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Le portugais

De plus en plus de Français s’intéressent au Brésil. Si la beauté de ses plages est un atout, c’est l’essor économique du pays qui les laisse rêveurs. « Ces dernières années, il y a un regain d’intérêt pour le portugais, lié au Brésil », confirme Mariarosaria Gianninoto. En 20 ans, le pays est devenu un géant de l’économie mondiale avec une croissance de 4,5 %. Environ 450 entreprises françaises y sont implantées, générant 400 000 emplois dans l’aviation, l’automobile, l’agroalimentaire, la grande distribution, la chimie, le tourisme, le transport. Les langues étrangères comme l’anglais ou encore le français, réservé à l’élite, y sont peu maîtrisées. Le portugais est donc indispensable pour échanger avec des chefs de PME du Rio Grande do Sul ou des producteurs agricoles du Mato Grosso, par exemple.

Le portugais sera plus facile pour un débutant. « C’est une langue néolatine comme le français, avec des racines linguistiques et des structures grammaticales communes, donc il est possible d’être opérationnel rapidement », explique Mariarosaria Gianninoto. Au point que l’élève « peut commencer son apprentissage tout seul », indique Michaela Karp. La maîtrise des bases nécessite environ 60 heures de cours.

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Le russe

Les Français n’ont pas attendu la crise pour investir en Russie. L’implantation des groupes hexagonaux remonte à la Glasnost et s’est poursuivie avec la fin de l’ère soviétique et l’ouverture du pays vers l’ouest. Tous les grands secteurs économiques français y ont leur implantation. Mais le temps où le français était la langue officielle à la Cour impériale est bel et bien révolu. Désormais, que ce soit dans le cadre d’une expatriation ou d’une coopération, une connaissance basique du russe est nécessaire.

La première difficulté lorsqu’on souhaite apprendre la langue résulte dans l’alphabet cyrillique qu’il faudra apprendre. Appartenant au groupe des langues indoeuropéennes à l’instar du français, le russe a des racines latines… surtout visibles dans un système très complexe de déclinaisons. « Ce n’est pas une langue qui dépayse outre mesure, rassure Michaela Karp. Et ceux qui ont fait du latin ne devraient pas connaître trop de difficultés. » Pour en apprendre les rudiments, mieux vaut prévoir entre 80 et 100 heures de cours et autant d’heures de travail individuel.

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Commentaires

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Vos réactions

  • jemel
    et le japonais ?

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  • Delkash
    Les boîtes offrant du travail de traduction (technique) finnois-français recherchent-elles aussi?

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  • Aude
    Oui, l'anglais, l'anglais.

    Aujourd'hui du moins.

    Il y a 25 ans, apprendre le chinois aurait passé pour de la simple curiosité intellectuelle, et maintenant, ça fait bien sur un CV. Et dans 25 ans, pas sûr que les Chinois voudront tous commercer en anglais.

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  • Aude
    "change totalement, alors qu'une langue proche de la langue maternelle créera confusions et erreurs en séries."

    Pas sûr.
    j'ai appris très rapidement l'italien précisément grâce à la proximité d'avec le français. Par exemple, non seulement les verbes irréguliers sont les mêmes, mais en plus ils ont la même irrégularité: boiRe beRe nous buVons beViamo etc.
    Eh non, on ne confond pas.

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  • xavier-marc
    La rapidité d'apprentissage dépend des gens, du fonctionnement de leur esprit, il faut sans doute arrêter de croire que la même méthode marche pour tous; on peut aller jusqu'à dire qu'une langue totalement différente pourra être plus facilement apprise parce que la mentalité( et concentration) change totalement, alors qu'une langue proche de la langue maternelle créera confusions et erreurs en séries.
    De toute façon il est illusoire de bien assimiler une langue sans aller discuter avec des autochtones l'ayant en langue maternelle, c'est un pas qu'il faut oser franchir.
    Pour ma part, je parle surtout des langues.. informatiques.

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  • Atti
    Apprendre une langue étrangère peut être source d'un grand enrichissement personnel, mais pour ma part, n'ayant pas souhaité m'expatrier, la seule langue qui m'est demandée professionnellement reste l'anglais. Le russe ( pratiqué de la 6ème au master) n'intéresse pas les recruteurs sur le territoire français, c'est un gadget - du moins dans mon secteur, le commerce international et le luxe. Moi qui pensait qu'on s'arracherait mon profil! L'allemand est souvent plus intéressant (je n'ai que des notions), et l'italien peut être un vrai plus dans le luxe (je parle espagnol). Tout mon éventail de langue est donc anecdotique, sauf pour mon éveil personnel. Même en anglais, mon niveau est largement au-dessus de la demande. Et je suis loin d'être la seule. Pour ceux qui veulent s'expatrier, une formation est intéressante pour débuter, mais c'est sur le terrain qu'ils approfondiront le mieux. Et il faut rappeler que les Russes comme les Chinois apprennent le français et le parlent souvent très bien - tout en ayant l'avantage de l'expérience du pays. On ne pourra jamais parler toutes les langues du monde, et si le vrai plus était de respecter la culture de l'autre, même sans parler sa langue?

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  • kochka
    impérativement l'anglais ET l'allemand puis espagnol ou portugais, une ouverture en russe et enfin au moins le chinois de base, voilà ce que je préconisais à mes étudiants ( commerce international et scientifiques)l’allemand peu cité concerne plus de la moitié de l'Europe et offre une bonne ouverture et est excellent dans les CV à cause de sa prétendue difficulté..!et est très bien vu dans tout le Moyen Orient et en Asie même si là-bas peu le pratiquent.Ceci dit j'approuve à fond le commentaire de M.Pontiki du 6 mai et je recommande absolument l'INALCO !

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  • Pontiki
    Bonjour,
    Vous dites que le russe a des racines latines, quelle horreur cette affirmation. Même si les langues slaves et le latin ont en commun une structure grammaticale (cas de la déclinaison par exemple) qui est similaire mais non semblable, les racines du russe comme celles des autres langues slaves sont justement typiquement slaves, issues du slavon ancien qui est l'ancêtre des langues slaves modernes, à savoir occidentales (polonais, tchèque, slovaque, sorabe, kachoube, slovince), méridionales (slovène, serbe, croate, bosniaque,bulgare et macédonien)et orientales (biélorusse, ukrainien et justement russe). Les racines slaves changent souvent d'une langue slave à l'autre mais il y a quand même un bon nombre de racines communes comme l'incontournable "pivo" qui veut dire "bière" et que l'on retrouve dans toutes les langues slaves dont je connais la plupart, même si je suis bien de langue maternelle française, en ma qualité de traducteur.
    Il est vrai aussi que le russe est depuis très longtemps très tolérant, bien plus que le français, et qu'il a assimilé sous les Tzars de nombreux mots français ou internationaux à racines latines, de même à l'époque soviétique. Le russe aurait aujourd'hui plus tendance à assimiler des mots anglais. Mais tous les connaisseurs du russe savent que pour dire en russe les "nouveau riches" (qui sont nombreux en Russie), l'on dit "novorichy" depuis une vingtaine d'années.
    Je suis d'accord avec Augustem quant à la nécessité d'apprendre l'espagnol (plus connu en France), le hindi, le turc ou l'ensemble indonésien - malais, ces deux dernières étant proches l'une de l'autre.
    Personnellement je conseillerai aussi aux futurs aventuriers baroudeurs (ou aventurières baroudeuses)au service de notre économie hexagonale de s'intéresser à des langues très rares mais vraiment connues de presque personne en France comme la langue du Myanmar (le birman), ce pays qui est en train de s'ouvrir au monde donc il est temps que les entreprises françaises s'y positionnent. Pourquoi ne pas y proposer un projet de TGV entre Rangoon et Mandalay? Il existe aussi d'autres pays intéressants dont les langues sont très peu connues des Français (Pays Baltes, Finlande, Thaïlande, tous les PECO en général ou Pays d'Europe centrale et orientale). Si l'on parle par exemple de la traduction technique et juridique, nous ne sommes qu'une poignée (moins de 5 individus) à pratiquer l'estonien et le letton que je traduis souvent, voire le lituanien que je ne connais pas en tant que locuteurs de langue maternelle française.
    Pour finir que je conseillerai à tous les futurs apprenants en langues "exotiques" de se renseigner sur l'INALCO dont je suis diplômé, l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris, la référence en la matière, un grand établissement extraordinaire avec des professeurs chevronnés et hyper-compétents, l'inscription étant celle d'une fac normale en France, donc le coût n'est pas si élevé que cela pour apprendre une langue dite orientale, même si cela commence à Prague ou Helsinki.
    Je conseille pour finir aux futurs défenseurs de nos exportations de bien maîtriser l'anglais tout de même incontournable, l'une des langues citées ci-dessus plus une langue rare voire très rare parmi celles qu'offre l'INALCO, mais je sais bien que Paris n'est pas toute la France

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  • jean
    Quelle langue apprendre et choisir à l'export?
    C'est celle du client!
    La mondialisation, l'éveil des pays émergents, la démographie, les fiertés nationales...c'est le grand retour des langues du monde!
    English is not enough!
    C'est le sujet de du site http://langues-export.fr

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  • augustem
    Manque l'espagnol, l'hindi, le turc et le malais. Avec le français et l'anglais, voilà
    les dix langues qui dominent le monde et qui permettent à l'échelle internationale, une juste répartie de la pensée et du savoir, qui là comme ailleurs, doit trouver son équilibre pour assurer le respect de la démocratie et empêcher toute dérive totalitaire dans une pensée unique et monoculturelle.

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