Métiers techniques : « l’expérience prend rapidement le dessus sur les études théoriques »

Publié par Kelformation - Jean-Michel Nahas le | Imprimer | Envoyer à un ami | Réaction (Pas encore de réaction.)

Les métiers techniques de l’industrie souffrent d’un manque de reconnaissance. Pourtant, ces emplois offrent des perspectives d’avenir fort intéressantes. Technicien en maintenance industrielle, Damien Cholvy explique les ficelles de son travail.

En quoi consiste votre fonction ?

Je dirige la maintenance d’une chaîne d’emboutissage chez Volvo/Renault Trucks. J’ai ainsi la responsabilité des machines qui forment un type bien précis de pièces métalliques. Concrètement, en tant que responsable, je vérifie les causes d’arrêts des machines et nous devons ensuite trouver le moyen pour que cela ne se reproduise pas. Mon objectif : qu’il y ait le moins d’arrêts de production possible.

Est-ce un métier routinier ?

Pas du tout, c’est très intéressant et varié. Tous les jours, je découvre de nouveaux problèmes et de nouvelles solutions. Il faut pour cela être au courant de toutes les nouvelles évolutions techniques, et c’est ce qui rend le métier stimulant.

Quelles sont les contraintes de votre travail ?

Il faut avoir le goût de l’effort car physiquement, ça peut être contraignant, surtout pour ceux qui sont dans l’industrie métallurgique. C’est aussi un métier qui demande d’être sérieux en tout temps car il y a beaucoup de décisions à prendre très rapidement. Comme on travaille en équipe, il faut savoir se remettre en question à tout moment.

Quel a été votre plus grand défi professionnel ?

Dans un emploi précédent, je me rappelle avoir dû intervenir lors d’une panne majeure sur des machines dans l’usine. On avait seulement quatre heures pour intervenir et réparer le tout sous peine de mettre toutes les usines du groupe, soit 4 500 personnes, en chômage technique. On a heureusement réussi. Il faut donc savoir gérer la pression au quotidien.

La formation universitaire prépare-t-elle bien l’étudiant ?

Oui et non. L’expérience prend rapidement le dessus sur les études théoriques. J’ai fait trois ans à l’université et deux ans de spécialisation en maintenance industrielle. Quand on commence à travailler dans le technique, les responsabilités s’accumulent rapidement sans qu’on ait suivi une trop longue formation universitaire. À 30 ans, je me retrouve à superviser le travail d’ingénieurs. C’est, selon moi, un des avantages dans mon domaine.

Les métiers techniques sont parfois dévalorisés. Pourquoi ?

Il y a un problème de reconnaissance. Les jeunes ont l’impression que les voies techniques sont des « voies de garage », comme s’il s’agissait de sous-métiers, et préfèrent ainsi se diriger vers d’autres voies. Je remarque aussi que les jeunes qui ont de bons résultats scolaires sont rarement encouragés à se tourner vers le technique.

Pourtant, je trouve que c’est un emploi tout à fait valorisant au niveau personnel et je le recommanderais à tous ceux qui veulent relever des défis chaque jour. D’autant que, la relève se faisant rare, les emplois à pourvoir vont être de plus en plus nombreux…

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