Je n'oublie jamais que je m'adresse d'abord à une personne particulière, unique dans son rapport avec les éléments que nous allons devoir aborder pour chanter. Cela implique un dialogue de chaque instant entre l'élève et moi, entre ce que lui cherche dans le développement de nouveaux reflexes et ce que je “voix - entends - sens” du résultat de cette recherche. Il convient pour moi d'atteindre en quelque sorte le mode de penser de l'élève et de trouver, au moment juste, la bonne idée (j'en ai plein), la bonne image (j'adore les dessins animés), le bon mot (j'aime aussi beaucoup rigoler...) qui le fera avancer. En réalité, j'essaie d'être à la fois simple et très pragmatique, ou plutôt de concentrer ce qui est toujours plus ou moins compliqué, l'élève, dans la découverte de ce qui est beaucoup plus simple et naturel qu'il le pense : sa voix. Ce qui passe forcement par un patient travail "d'élagage" des tensions et peurs de toutes sortes. Et cet élagage doit être produit de l'intérieur, par l'élève lui-même au fur et à mesure qu'il maîtrise de nouvelles sensations. Pour finir, parlons musique ! Le chant offre l'avantage (dans les premiers temps du moins) de pouvoir être étudié sans aucune connaissance solfégique. Mais je fais constamment appel à la musicalité de l'élève. Le lien technique/musique est évidement très fort et j'en joue à chaque instant dans mes cours. Vous aimez la musique puisque vous lisez ces lignes et vous possédez certainement beaucoup plus de cette musicalité que vous ne pensez. A nous ensemble de la découvrir et de l'exploiter !
Programme :
Si vous êtes quelquefois fascinés par l'impression de facilité et de liberté qu'offrent beaucoup de chanteurs lyriques (malgrè la difficulté de leur tâche) dites-vous bien qu'ils ne font d'abord que se procurer - de manière tout à fait égoîste - le maximum de plaisir avec leur voix. Eh oui, le chant est avant tout un plaisir que l'on se donne à soi-même et si vous vous y interessez c'est bien parce que vous le savez ou le pressentez. Ce plaisir est le résultat d'une parfaite maîtrise non pas de leur voix (...) mais des sensations qu'ils perçoivent tout au long de l'émission du son. Il faut savoir que mieux l'on chante et moins l'on s'entend chanter (!) et que, de toute façon, un chanteur ne chante jamais seul, il doit en permanence emettre sa voix "en même temps" qu'un piano, un orchestre, etc... (et ce dans toutes sortes de salles dont l'acoustique réserve souvent de mauvaises surprises). Il est donc absolument indispensable de savoir chanter comme un sourd, pourrait-on dire (comme un pianiste joue sur son instrument les yeux fermés) et de se fier aux seules sensations internes. C'est évidement la pratique qui permet de comprendre (dans l'échange avec le professeur) qu'à tel degré de sensation perçue correspond tel type de son entendu (piano, forte, clair, sombre, etc...). Ceci explique pouquoi la perception fine de la diversité et de l'étendue des sensations internes ressenties en chantant est au cœur de l'enseignement que je propose.
Informations complémentaires :
MON APPROCHE
Nous devons tous, pour bien chanter, acquerir les mêmes “gestes“. Mais se contenter de dire et faire répéter ces gestes “de l'extérieur“ ne suffit certes pas à un bon enseignement. C'est pourquoi j'exclus systématiquement de ma pratique toutes les recettes censées être bonnes pour tout le monde (“tiens-toi droit et baille”) et dont l'application, sans une connaissance intime de ce vers quoi elles tendent, s'avère très vite (ou pire encore à la longue) inefficace. Comme vous vous en rendrez compte assez vite, l'étude du chant et de sa technique est l'apprentissage de la maîtrise d'un équilibre purement physiologique : celui de la pression douce de l'air sur le système phonatoire. Et nous parlerons bien sûr du diaphragme, des cordes vocales et de tout le reste... Mais cet équilibre dépend d'un autre équilibre : celui qui doit exister entre l'esprit (ou le mental, ou autre chose qui vous conviendra) et le corps chantant. C'est là que véritablement ça se corse car il convient de développer la liberté qu'octroie le premier au second dans son fonctionnement naturel... Nous constaterons dès le premier cours que cette liberté et le plaisir qui en découle rencontrent, plus ou moins chez chacun d'entre nous, des entraves parfois bien solides. Et nous verrons que ces entraves sont, la plupart du temps, le résultat d'idées, souvent fausses, que l'élève se fait du chant bien sûr, mais surtout de ses capacités à le pratiquer. Ces idées sont assez communes à nous tous et je n'en ferai pas la liste ici. Il suffit que vous vous demandiez quelles sont les vôtres... Un seul exemple toutefois, “je chante faux !" : parmi les dizaines d'élèves que j'ai reçus, aucun ne chantait faux, mais beaucoup le pensaient. Ils sont, en général, très vite rassurés sur ce point...