Alternance : les attitudes à bannir en entreprise

Publié par © Kelformation - Séverine Dégallaix le

Pas facile de se débarrasser de ses réflexes d’étudiant quand on passe encore la moitié de son temps sur les bancs de l’école. Et pourtant, dès que vous franchissez les portes de l’entreprise, on attend de vous un comportement professionnel irréprochable. Découvrez les 6 gaffes les plus courantes qui trahissent les alternants.

Laisser son portable allumé

C’est à classer dans la même catégorie que "surfer sur Facebook" et "arriver en retard". Selon Nathalie Merminod, responsable de l’alternance à l’IAE Grenoble, « ce sont les remarques que nous adressent le plus fréquemment les employeurs. Si les étudiants ont l’habitude de répondre à leurs messages en cours par exemple, c’est quelque chose qui ne se fait pas en entreprise. »

Certes, il existe des patrons plus souples que d’autres. Dans certaines entreprises, l’accès aux réseaux sociaux est tout simplement bloqué, alors que d’autres en autorisent l’utilisation occasionnelle.

Les horaires varient aussi d’un lieu de travail à l’autre. Certains patrons fixent une plage horaire dans laquelle doivent arriver les salariés (alternants compris), de 8 heures à 9 heures par exemple. Mais d’autres employeurs sont beaucoup plus stricts et exigent la présence de tout le monde à 8 heures tapantes.

Dans le doute, évitez les déviances. Dites-vous que si vous avez autant de temps à perdre, c’est que vous n’êtes pas assez occupé… Alors réclamez plus de travail !

 

Négliger son travail scolaire

Rappelez-vous toujours que, même si vous avez un statut de salarié sur beaucoup de points, vous êtes encore étudiant. L’alternance, c’est un contrat passé entre vous, une entreprise et un établissement de formation. Si vous négligez ce dernier, vous courez le risque de ne pas décrocher votre diplôme, ce qui aura un impact négatif sur la société qui a misé sur vous. Sans compter que c’est une preuve de votre incapacité à gérer votre temps.

Pour Nathalie Merminod savoir dire « non » à son supérieur est un élément clé de la réussite en alternance : « vous devez apprendre à reconnaître vos limites. Si vous vous estimez surchargé, l’exprimer clairement est la seule façon de réussir à jongler entre cours et entreprise. »

 

Ne pas respecter les codes de l’entreprise

Cela va des détails tels que le code vestimentaire et l’utilisation du tutoiement, aux valeurs plus profondes d’une organisation. Par exemple, « nous avons mis en place une forte politique liée à la diversité et au respect d’autrui. Ce sont des valeurs auxquelles les apprentis doivent se conformer, comme tous nos collaborateurs », prévient Gaëtan Milin, directeur du développement de l’emploi et de la professionnalisation chez Areva.

Pas de panique, les erreurs sont tolérées, du moins au début. « En un mois environ, les nouveaux arrivants apprennent à maîtriser ces exigences. » Passé ce délai, et si vous ne tenez pas compte des remarques qui vous sont adressées au cours des premières semaines, vos gaffes peuvent avoir des conséquences plus fâcheuses.

 

Ne pas s’entendre avec ses collègues

La plupart du temps, à l’école, les groupes de travail se forment par affinités. En entreprise, « vous risquez de devoir travailler avec des personnes que vous n’appréciez pas, admet Nathalie Merminod. Vous devez vous détacher des considérations personnelles pour passer sur un mode professionnel. »

La situation est particulièrement délicate si c’est avec votre tuteur que vous vous trouvez en conflit. Pour l’éviter, fiez-vous à votre instinct dès l’entretien de recrutement : si vous sentez que le courant ne passe vraiment pas, peut-être vaut-il mieux tenter de trouver une autre entreprise. Sachez que l’employeur fait de même de son côté : « un apprenti est aussi soigneusement sélectionné que tout autre salarié, explique Gaëtan Milin. Si nous pensons qu’il ne sera pas capable de s’intégrer à une équipe, nous rejetons sa candidature. »

 

Ne pas tenir ses délais

C’est un réflexe qu’ont de nombreux étudiants : quand ils ne sont pas prêts à rendre un dossier, ils tentent de négocier la deadline avec leur professeur. Pas question d’adopter le même stratagème au travail ! Car comme le rappelle Gaëtan Milin, « en entreprise, les éléments s’enchaînent. Si vous n’êtes pas ponctuel, c’est toute la production qui est retardée. » Pour éviter de commettre ce type d’impairs, Nathalie Merminod conseille tout simplement de « ne pas hésiter à signaler dès le début du projet si vous pensez que les délais ne seront pas tenables. Pour l’entreprise, c’est bien plus gérable qu’un dossier non rendu. »

 

Ne pas prendre la parole

Si à l’école, on vous demande plus généralement d’écouter, en entreprise, se taire peut être une gaffe ! Peur des réprimandes, des moqueries ou de l’indifférence ? Quelles que soient leurs raisons, les alternants ont tendance à garder leurs remarques pour eux. Pourtant, vous n’avez rien à perdre, assure Nathalie Merminod : « vous êtes là pour apprendre. Au pire, votre avis ne sera pas pris en compte. Au mieux, vous aurez apporté quelque chose à l’entreprise. On ne vous reprochera jamais d’avoir exprimé une idée… A moins qu’on ne vous ait déjà expliqué trois fois pourquoi elle était mauvaise ! »

Commentaires

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Vos réactions

  • Anne-Marie
    Cher Pascal,
    Avez-vous lu "le meilleur des mondes" d’Aldous Huxley ? vous seriez sans doute une personnage formaté de type "alpha" lol. Si non, je vous en conseille la lecture : la culture générale est le meilleur gage de liberté et d’ouverture d’esprit, ce qui est très utile dans le travail, et qui permet plus généralement de « sortir la tête du guidon », d’avoir du recul, de relativiser les situations, d’avoir une vision à plus long terme, de prendre un peu de hauteur quoi !
    Quoi qu'il en soit, avec un tel langage (de bois) nous sommes au moins d'accords sur un point vous et moi : on ne pourrait pas travailler ensemble, et je vous laisse bien volontiers et sans remord votre "évolution optimale"...
    Plus sérieusement, oui j'ai toujours travaillé beaucoup, parfois avec des stagiaires que j'ai toujours formés avec beaucoup de plaisir, car au fond seul l'humain m'intéresse. Mais j'aime bien quand les êtres regardent un peu plus loin que leur nombril !
    Et puis j'ai 50 ans, en clair je veux plus qu'on m'em... que ce soit dans le travail, ou dans la vie. Personne n'est "roi" ni le client, ni le patron, ni l'actionnaire, ni l'employé. Que tout le monde essaie de fonctionner ensemble dans un total respect réciproque, et le monde s'en portera beaucoup mieux !
    J'ai été éducatrice pendant des années, avec des jeunes en difficultés. Je connais les difficultés d’insertion, les écueils sont nombreux. Ils sont d’abord affectifs, puis sociaux. Je suis maintenant comptable unique en entreprise, et il m'arrive de rester tard le soir si je n'ai pas fini mon travail, et même souvent jusqu'à 21h ou 22h pendant plusieurs semaines en période de bilan... S’il y a besoin de moi, je suis là. Mon travail est bien fait, rigoureux et efficace. Et s'il y a un stagiaire à former, pas de problème, je resterai pour m'en occuper. En revanche, je n'accepterai pas qu'on me fasse une réflexion pour 10 mn de retard, ou pour une demi-journée dont j'ai besoin pour des raisons perso ! ça ne pourrait pas fonctionner.
    Et ça se passe très bien ainsi ! Vous savez pourquoi in fine, c'est moi qui ai été choisie pour ce poste plutôt que les nombreux autres candidat-e-s ? parce que mon (futur) patron et moi, on avait une passion commune pour la photo. Et puis aussi parce que j'avais fait du théâtre et du clown, ça lui semblait tellement incompatible avec le métier de comptable, qu'il voulait voir à quoi "ressemblait la bête". Et on a ri ensemble... Eh oui ! c'est ça aussi les êtres humains ! c'est leur humanité ! leurs scories, leurs faiblesses, leurs sincérité. Et dans le travail, ne vous en déplaise, c'est ce qu'il y a de plus motivant, de plus exaltant, et de plus efficace. :-)
    Bonne journée à tous. Anne-Marie

    Plus sérieusement, oui j'ai toujours travaillé beaucoup, parfois avec des stagiaires que j'ai toujours formé avec beaucoup de plaisir car au fond seul l'humain m'intéresse. Mais j'aime bien quand il regarde un peu plus loin que son nombril !
    Et puis j'ai 50 ans, en clair je veux plus qu'on m'em... que ce soit dans le travail, ou dans la vie. Personne n'est "roi" ni le client, ni le patron, ni l'actionnaire, ni l'employé. Que tout le monde essaie de fonctionner ensemble dans un total respect réciproque, et tout le monde s'en portera beaucoup mieux !
    J'ai été éducatrice pendant des années, avec des jeunes en difficultés. Je suis maintenant comptable unique en entreprise, et il m'arrive de rester tard le soir si je n'ai pas fini mon travail, et même souvent jusqu'à 21h ou 22h pendant plusieurs semaines en période de bilan... Mon travail est bien fait, rigoureux et efficace. Et s'il y a un stagiaire à former, pas de problème, je resterai pour m'en occuper. En revanche, je n'accepterai pas qu'on me fasse une réflexion pour 10 mn de retard, ou pour une demi-journée dont j'ai besoin pour des raisons perso.

    Et ça se passe très bien ainsi ! Vous savez pourquoi in fine, c'est moi qui ai été choisie pour ce poste plutôt que les nombreux autres candidat-e-s ? parce que mon (futur) patron et moi, on avait une passion pour la photo. Et puis aussi parce que j'avais fait du théâtre et du clown, ça lui semblait tellement incompatible avec le métier de comptable, qu'il voulait voir à quoi "ressemblait la bête". Et on a ri... Eh oui ! c'est ça aussi les êtres humains ! c'est leur humanité ! leurs scories, leurs faiblesses, leurs sincérité. Et dans le travail, ne vous en déplaise, c'est ce qu'il y a de plus motivant, de plus exaltant, de plus efficace. :-)

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  • Arnaud
    « nous avons mis en place une forte politique liée à la diversité et au respect d’autrui. Ce sont des valeurs auxquelles les apprentis doivent se conformer, comme tous nos collaborateurs »

    Super la pseudo "communication éthique corporate" à deux balles.

    Article surréaliste. Et hop, on tire la chasse !

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  • Bruno
    Internet trimbale une telle masse d'information que tout bêtement, le principe pyramidal de qualité fait que fatalement on se retrouve devant des élucubrations telles que cet article.

    Je travaille pour de nombreux clients et mon constat est plutôt celui-ci :

    Téléphone portable : dans n'importe quelle boite tout le monde est collé à son téléphone, au bureau, au resto et par dessus tout en réunion, n'hésitant pas à perturber ou interrompre celle-ci, voir en formation !

    Travail scolaire : s'il s'agit des maigres "rapports de stage" sans contenu qui sont le pensum du fameux "stage en entreprise" c'est peut-être pas grave.

    Les codes de l'entreprise : les codes de l'entreprise c'est avant tout le code du travail, pour le reste j'avoue avoir du mal à différencier autrement que trop souvent par une attitude méprisante les employés de certaine grosses boites arc-boutées sur leurs codes et leur "culture d'entreprise"

    L'entente avec les collègues : la voilà la "vraie" culture, en tant qu'"intervenant extérieur" je suis systématiquement confronté aux "confidences", aux plaintes, aux récriminations de mes interlocuteurs vis-à vis de leurs collègues, de leur responsables, de leurs subordonnés. Ceci est vrai partout, dans toutes les boites où j'ai pu aller, sans exception. Aux "alternants" (quel mot horrible) n'oubliez pas de dire dans quel merdier, dans quelle foire d'empoigne il mettent les pieds quand ils rentrent dans le monde du travail.

    Les délais : une anecdote, il y a bien des années programmeur en informatique je bossais pour une SSII chez un client. En moyenne je faisais en 1 jour ce que les employés internes faisaient en une semaine. On m'a remplacé !

    Quand à prendre la parole, prétendre qu'on ne vous reprochera jamais d'avoir exprimé une idée, c'est proche de l'escroquerie : on vous reprochera TOUJOURS, et cela vous marquera jusqu'à votre départ de l'entreprise d'avoir dit ce que les autres considérerons comme une connerie.

    Cet article n'est pas de l'information, c'est de la désinformation.

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  • jean
    Article idiot...

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  • Pascal
    Chez nous, l'alternance est de mise depuis longtemps, mais Anne-Marie, vous dites "je suis une bosseuse..." (totalement subjectif, c'est aux autres d'apprécier, pas à vous). En tenant un discours comme le votre, on dénote une incapacité d'intégration et d'adaptation au sein d'un groupe qui a un vécu et surtout certaines habitudes de travail.
    Donc si je me place du côté employeur je vais vous dire, "Merci de poser votre candidature pour évoluer au sein de notre entreprise, mais je pense que pour vous assurer une évolution de optimale et de qualité, il serait plus intéressant pour vous d'en choisir une plus adaptée à vos possibilités"...

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  • Jean
    on dirait que cet article date des années 80...
    Les temps changent, heureusement.

    Oui on utilise son téléphone, dans les limites de la politesse.

    Discuter les délais, ça se fait. Et ça peut être professionnel.

    On peut ne pas s'entendre avec des collègues.

    Il faut savoir rester soi-même tout en découvrant et respectant l'entreprise.

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  • ta mère
    Pour plus tard..

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  • Nat
    Article... Comment dire... A des lieues de la réalité.

    Le Portable : Quand j'étais en cours (BAC S en 99-00) le portable était éteint en cours (pour ceux qui en avaient !), quoiqu'il arrive. En entreprise, c'était l'inverse, mais mesuré : répondre au téléphone quand on pense que c'est urgent (genre les parents qui appellent alors qu'ils appellent jamais, etc.)

    Le travail scolaire : Le travail tout court...

    Les codes de l'entreprise : Ah oui... Une entreprise qui prône une "politique liée à la diversité" (comprendre "nous, on recrute des noirs et des infirmes") et le respect d'autrui (j'avoue, dans quel métier on ne respecte pas les autres ? Paparazzi peut-être ;) )

    Les collègues : Non, on n'est pas obligés de s'entendre avec les collègues... Mais on DOIT travailler avec eux. A ce que je sache, les alternants ne sont plus à la maternelle "j'lui parl' pu pask'il né pa mon kop1 !" ?

    Les délais : Je sais pas, mais ça a toujours été l'inverse. Demander des délais à des professeurs/intervenants était très mal vu et surtout toujours refusé (et en plus, on passait pour un glandeur de première). Contrairement au travail en entreprise : La demande de délais est souvent accordée, si elle est accompagnée de bonnes raisons et si la demande n'est pas le dernier jour possible (faut arrêter de prendre les gens pour des c...).

    La parole : Là encore c'est l'inverse. En cours, on m'a toujours incité à prendre la parole, les profs n'aimant jamais parler pendant 1h et à la fin sortir un "vous avez compris ?" et voir des carpes amorphes en face (je comprends, reprendre une explication de 1h à chaque fois... :D ). Par contre, en entreprise (française), c'est très mal vu, voire rédhibitoire : Le principe du "chefaillon" que, je suis sûr, tout le monde connaît :)

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  • Gérard
    Je suis employeur de jeunes alternants et un peu horrifié par la réaction épidermique d'Anne-Marie. Il faut avoir l'humilité, au moins au début, de penser que l'on s'insère dans une chaîne, certes déjà formatée et sans doute un peu sclérosante, mais on peut aussi faire confiance à ceux qui sont depuis longtemps dans l'entreprise, qui ont bâti des procédures, une organisation, en vue de produire, de vendre et de développer l'entreprise qui fournit du travail et de la richesse à la collectivité.
    Il sera toujours temps, après quelques mois d'observation, de compréhension des contraintes auxquelles l'entreprise doit se conformer ou se confronter, de faire œuvre de proposition en vue d'améliorer les choses.
    Je crains que l'école et son processus d'élimination si élitiste en France fasse entrer dans le monde du travail des jeunes souvent mal formés, peu ardents devant l'effort, peu adaptés au stress de la concurrence, et malgré tout ça, plein de suffisance.
    Il en existe toutefois encore quelques uns fort heureusement, plein d'enthousiasme, de désir d'apprendre, de progresser et qui n'hésitent pas à s'investir à fond.

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  • georges
    Anne-Marie, vous allez trop vite.
    Bien sûr que votre apport et votre personnalité sont des richesses pour la collectivité petite ou grande dans laquelle vous arrivez. Mais celle-ci est déjà constituée, et jusqu'à ce jour elle a fonctionné en s'en passant, ne l'oubliez pas.
    Ce n'est pas aux autres, multiples, à s'adapter immédiatement à votre monarchie, c'est à vous à vous adapter d'abord démocratiquement aux autres, et prenez votre temps (indéterminé, selon chacun), ensuite vous apporterez tout votre potentiel.
    Rappelez-vous, on ne commence pas par détruire ce qui existe, on construit et met en place les solutions et les nouvelles méthodes de remplacement d'abord.
    Amicalement, bon courage.

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