Comment s'adapter au rythme de l'alternance?

Publié par © Kelformation - Anna Massé le

Jongler entre un agenda scolaire et un planning d’entreprise est un sacré défi à relever pour les étudiants alternants. Pour réussir ce tour de force, mieux vaut mettre en place une solide organisation de travail. Nos conseils pour anticiper et gérer les difficultés stressantes.

Se mettre au rythme du salarié

Au sein de l’entreprise, l’alternant doit adopter le même rythme que les salariés. Eric Piatek, prothésiste dentaire, accueille des apprentis en BTMS (Brevet Technique des Métiers Supérieur). Il constate que les cadences de travail requièrent un temps d’adaptation. « Nous leur demandons d’essayer de travailler à notre rythme. Evidemment, ils apprennent mais ce n’est pas évident pour eux ».

D’autant plus que les apprentis doivent également préparer le suivi des tâches urgentes avant de retourner sur les bancs de l’école. Octavie Quintard, étudiante en Master à l’IFAG, est en alternance depuis 2011. Chaque semaine, elle doit jongler entre 14 heures de cours et 21 heures en tant qu’assistante marketing. « Pour certaines missions, 21 heures, c’est trop juste. Dans ce cas, je transmets le travail à mes collègues ou je leur notifie qu’il sera fait dès mon retour ».

 

Etre débordé, « c’est normal »

« En première année, c’était difficile car j’avais beaucoup de travaux en équipe. Il fallait que j’accorde mon emploi du temps avec celui des autres salariés de l’entreprise, malgré mon contrat d’alternance », se souvient Octavie Quintard. Jean Rondet, enseignant en agronomie, anime des ateliers de gestion du stress à l’ESC Pau. Pour lui, l’alternance est à l’image de la vie active. « Les apprentis sont constamment sollicités et se sentent coupables de « ne pas gérer ». J’essaye de leur montrer que ce ressenti est normal et très fréquent ».

L’impression d’être débordé est en effet un sentiment que rencontre tout salarié en entreprise. En ce sens, l’alternance prépare l’apprenti à y faire face. Jean Rondet met néanmoins en garde ceux qui auraient tendance à « marcher au stress ». « Il ne faut pas abuser de ses capacités de résistance, sous peine d’épuisement. »

 

Un planning, noir sur blanc

Durant sa première année d’alternance, Octavie Quintard a également appris à bien organiser son temps. « L’astuce, c’est de tout noter et de gérer les choses par degré de priorité. On pense toujours qu’on va se souvenir de tout mais on peut vite oublier », précise-t-elle. Un avis partagé par Jean Rondet, qui conseille, lui aussi, de tout mettre par écrit. « Quand on se sent submergé, le mieux est de se faire un planning : noter en haut d’une feuille les trois tâches les plus importantes et regarder parmi les autres celles qui peuvent être supprimées ou regroupées ».

Les périodes d’examens et de révision sont autant de moments critiques qu’il faut également savoir anticiper sur son planning. L’étudiant en alternance doit, plus que les autres, se préparer à l’avance pour pouvoir concilier toutes ses obligations.

 

Equilibrer école et entreprise

Entrer dans la vie active peut être grisant. Pour autant, il ne faut pas que l’élève alternant fasse passer ses études au second plan. Ce « piège » de l’alternance est assez courant. « En cas d’absentéisme en cours, l’employeur est rapidement averti », prévient Eric Piatek. Arnaud Gimenez, directeur des relations entreprises à l’ESC Pau, rappelle que les apprentis ont un certain nombre de crédits à obtenir « sous peine de ne pas pouvoir valider leur année ».

Dans de rares cas, il arrive que ce soit l’employeur qui, en période de rush, demande à l’apprenti de venir travailler en dehors des heures prévues. Or, légalement, un étudiant en alternance ne peut travailler plus de 35 heures par semaine. Même si l’apprenti se sent redevable vis-à-vis de l’entreprise qui l’accueille, il doit savoir poser des limites et, le cas échéant, ne pas hésiter à en parler à son professeur référent.

 

S’accorder des moments de repos

Le conseil peut paraître évident mais il n’est pas si facile de mettre ses préoccupations de côté. « Qu’on fasse une action ou qu’on la visualise, on mobilise les mêmes fonctions, explique Jean Rondet. La difficulté vient du fait que si on ne peut agir directement, les tensions s’accumulent. On peut se sentir paralysé ou développer des symptômes comme des troubles du sommeil. » L’enjeu est donc de mobiliser cette tension au bon moment et de la calmer en période de repos. Jean Rondet conseille à ses étudiants de détourner leur attention sur des sensations physiques : « faire une balade, du sport, écouter les oiseaux… Et ce au moins une fois par semaine », préconise-t-il.

Commentaires

Tous les champs sont obligatoires.


Vos réactions

Pas de commentaire

Publicité

Les dernières brèves

Dans la même rubrique