Les techniques pour gérer un conflit avec son patron en alternance

Publié par © Kelformation - Séverine Dégallaix le

Comme dans toute situation professionnelle, en alternance, il peut vous arriver, de vous retrouver en conflit avec votre employeur. Heureusement, il existe des solutions pour éviter ces problèmes ou pour y faire face s’ils se présentent.

La solution idéale : l’anticipation

La plupart des conflits naissent d’une incompréhension. Afin de les tuer dans l’œuf, l’une des solutions consiste à insister sur la prévention. « L’une des erreurs des jeunes consiste à choisir l’alternance uniquement pour des raisons financières, constate Alain Scappaticci, directeur de la promotion de l’IDRAC Ecole de commerce. Or, si ce type de contrat ne s’inscrit pas dans un projet professionnel, le risque de déception est grand ! » Le résultat de cette négligence ? Un alternant démotivé, qui bâcle ses tâches et ne correspond pas aux attentes de l’employeur. Posez-vous les bonnes questions en amont. Pourquoi choisissez-vous l’alternance ? Où espérez-vous qu’elle va vous mener ? Etes-vous sûr de tenir la distance ? Certains centres de formation peuvent vous aider à définir votre projet à grands renforts de questionnaires et d’entretiens individuels.

Quant aux entreprises, « elles peuvent avoir leur part de responsabilité en faisant appel à l’alternance comme recrutement de substitution, sans tenir compte du fait que le jeune est encore en formation et n’est pas nécessairement opérationnel tout de suite », concède Alain Scappaticci. Ce manque de discernement peut mener à des missions trop compliquées puis à des reproches lorsqu’elles ne sont pas accomplies correctement. Et donc à un sentiment d’échec pour l’alternant.

Si votre école ne s’en est pas chargée et si l’entreprise n’est pas une habituée de ce type de contrat, endossez le rôle d’informateur au moment de postuler afin de vous assurer que vous êtes sur la même longueur d’onde avec votre employeur potentiel.

 

La bonne technique : la médiation

Que le conflit soit d’ordre personnel ou professionnel, les écoles ont tendance à privilégier la même technique : l’arbitrage. En cas de différend, le premier réflexe à avoir est simple : « l’alternant doit se rapprocher de son tuteur référent à l’école. Grâce à différents outils, il sera capable de cerner la difficulté. Vient-elle du choix du poste, de l’apprentissage, des missions confiées, d’une mauvaise attitude, d’une mésentente avec un supérieur ? » explique Isabelle Sauvy, responsable du service parcours et responsable de l’apprentissage au sein de l’ESC Pau :

En fonction de l’origine du problème, des rendez-vous pourront être organisés entre votre employeur, votre organisme de formation et vous-même, de façon à trouver une solution : redéfinition des missions, efforts de comportement, briefing du tuteur en entreprise s’il avait tendance à vous délaisser… Isabelle Sauvy note que « cette démarche peut très bien être conduite par l’entreprise si elle n’est pas satisfaite du travail de l’alternant ou si elle pense que l’alternant n’est pas satisfait de son côté. Dans tous les cas, il y a un travail d’accompagnement et de médiation qui fait qu’il est heureusement rare de se retrouver face à un conflit totalement insoluble. »

 

Le cas extrême : la capitulation

Il arrive malgré tout que les situations difficiles deviennent tout simplement ingérables, au point d’en arriver à une rupture. Sachant que tout est d’abord mis en œuvre pour trouver une alternative à cet extrême, puisque « la notion d’engagement est une priorité. Vous avez signé un contrat avec l’entreprise, cela ne doit pas être pris à la légère », prévient Isabelle Sauvy. Sans compter que sans alternance, l’obtention du diplôme est remise en question.

Alexandre Mazzoni a connu cette situation au cours de sa dernière année en école de commerce. « Non seulement, je me suis vite aperçu que le secteur médical ne me plaisait pas, mais j’ai eu de gros soucis avec mon patron. » Entre insultes et situations à la limite du harcèlement moral, ce commercial a dû faire appel à sa responsable de formation qui, après plusieurs rendez-vous avec l’employeur, a fini par approuver l’idée d’une rupture conventionnelle. « Heureusement, j’ai pu retrouver une entreprise très vite : j’ai quitté l’alternance le vendredi, la semaine suivante était une semaine école et j’avais un nouvel employeur pour celle d’après. » Son regret ? « Avoir trop attendu en espérant que les choses s’arrangeraient. Si j’ai un conseil à donner à quelqu’un qui se retrouverait dans ce cas de figure, c’est de réagir tout de suite », conclut-il.

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