Seniors : comment se reconvertir grâce à l’alternance ?

Publié par Benjamin Dusaussoy © Kelformation le

L’alternance n’est pas réservée aux jeunes. Certes, le contrat d’apprentissage est principalement réservé aux moins de 26 ans, mais le contrat de professionnalisation, lui, ne connaît pas de limite d’âge. Se reconvertir grâce à l’alternance… c’est possible, à condition d’avoir un projet bien ficelé. Explications.

Changer de métier tout en continuant de gagner sa vie, c’est la promesse de l’alternance. Quand on souhaite se reconvertir après plusieurs années d’une première carrière, ce point peut être déterminant. Mais soyez prévenu, l’alternance est tout sauf un long fleuve tranquille : retourner sur les bancs de l’école tout en intégrant une nouvelle entreprise et un nouveau métier demande motivation, endurance et ténacité !

Le contrat pro : c'est quoi, pour qui ?

Le contrat de professionnalisation est accessible aux plus de 26 ans sans condition particulière de niveau de qualification, de durée du chômage ou d'ancienneté dans l’entreprise. « C’est un outil efficace, auquel on ne pense pas forcément avec l'âge », indique Pierre Courbebaisse, responsable de l'AFEC, organisme de formation professionnelle et d'insertion. Le contrat pro peut se dérouler sur une période allant de 6 à 24 mois, en CDD ou en CDI. Il convient aussi bien « à des personnes peu diplômées qui, arrivées à un certain âge, souhaitent se stabiliser, qu'aux candidats qui veulent changer totalement d’orientation, relève Christophe Vandaele, directeur du Pôle Alternance de Stains. Ou encore, à tous ceux qui souhaitent réaliser leur rêve, comme devenir artisan ou commerçant après une première carrière en entreprise. »

>> Découvrir le témoignage de Jean-Michel, ancien footballeur en reconversion pour devenir directeur d'EPHAD

Des réflexes d'apprentissage à (re)mettre en route

Réapprendre à apprendre ne se fait pas toujours du jour au lendemain. « Le contrat pro constitue avant tout une remise en cause. Il faut accepter d'être débutant, de retourner sur les bancs d'un centre de formation », note Christophe Vandaele. Avantage du dispositif : passé un certain âge, difficile de se replonger à 100% dans la théorie. L’accompagnement de la formation en entreprise, avec un tuteur, est un vrai plus.

Attention, trouver une entreprise prête à embaucher un alternant peut être très difficile dans certains secteurs, « comme la culture ou le tertiaire », dixit Pierre Courbebaisse, et ce, quel que soit son âge. En revanche, dans le numérique, l'industrie ou le paramédical, les entreprises apprécient particulièrement les profils matures. Pour Christophe Vandaele : « A priori, aux environs de 40 ans, les fondamentaux du savoir-être, des valeurs, des codes de l'entreprise sont acquis. Cette maturité dans des métiers en tension plaît. »

Avoir un projet bien défini...

D'après Xavier Bonduelle, président de l’Institut du Management Des Ressources Humaines (IMDRH) : « A cet âge-là, l'employeur va forcément chercher quelqu'un de très motivé et en phase avec son projet ». Exit donc les choix par défaut. Les employeurs potentiels vont très vite sentir quelqu'un qui n'a pas su transformer sa frustration en motivation pour un autre métier. « La nostalgie n'est pas vendeuse », résume Xavier Bonduelle. Et si l'alternance est un dispositif apprécié des entreprises, « celles-ci peuvent aussi avoir un regard exigeant, voire méfiant, envers un candidat de 40/45 ans dans une démarche de reconversion », prévient-il.

... Et savoir le vendre

Objectif principal d’un alternant de 40 ans : arriver à bien expliquer son projet aux employeurs potentiels. Pour Christophe Vandaele, avant d'entamer toute démarche, « le candidat doit donc être capable de dire "voilà ce que je veux faire, voilà ce que je sais du métier et voici mon projet de vie autour". » S'il peut être important de mettre en avant son expérience, pas question pour autant de « passer son temps à expliquer ce que vous avez fait autrefois et pourquoi vous n'êtes pas content du passé. Pensez seulement à votre envie de faire quelque chose de nouveau et d'apporter une plus-value à l'entreprise », ajoute Xavier Bonduelle. C'est là qu'intervient l'école ou le centre de formation. Son rôle : vous aider à trouver un contrat grâce à la qualité de son réseau d'entreprises, mais aussi vous aider à ‘‘marketer’’ votre projet pour séduire les recruteurs.

>> Découvrir le témoignage de Fabrice, en alternance pour devenir plombier-chauffagiste après une carrière dans l'informatique

Une rémunération, oui… Mais moindre

Au-delà de 26 ans, la rémunération des personnes en contrat de professionnalisation passe à 100 % du SMIC ou 85 % de la rémunération minimale conventionnelle selon les accords collectifs. « Cela suppose donc de bien s'informer sur les mesures de la branche de l'entreprise », précise Pierre Courbebaisse.

Pour certain, il faut s’y préparer, se lancer en alternance représente une nette baisse de sa rémunération ; mais la reconversion a souvent un prix, notamment en terme de baisse de salaire les premières années.

À noter qu’en contrat de professionnalisation, vous redevenez un peu étudiant. Du coup, certaines dépenses de formation comme les frais de déplacement, ou le logement peuvent être prises en charge par votre Opca (Organisme paritaire collecteur agréé).

Enfin, il ne faut pas oublier que, pour beaucoup d’entreprise « le contrat pro est vu comme un projet de recrutement pérenne », rappelle Christophe Vandaele. L’alternance peut ainsi sécuriser une reconversion. 

Commentaires

Tous les champs sont obligatoires.


Vos réactions

  • Pascal
    Que voilà de beaux témoignages qui réconcilient l'expérience (l'âge ?) et l'apprentissage (l'école ?). Y-a-t-il un âge pour apprendre ? (j'ai 52 ans). Y-a-t-il un âge pour trouver un emploi ? (j'ai 52 ans) Il est ici question d'emplois en tension ...(j'ai 52 ans). Je travaille avec des "jeunes" (moins de 26 ans pour la plupart) pour qui le principal frein est dans leur tête. Faisons sauter les verrous ! Pour nous et pour eux...

    Répondre

  • Carole
    J'ai testé l'année dernière. Au chômage de longue durée et + de 45 ans, j'ai voulu suivre une formation à bac+3 en RH (j'ai déjà une expérience en intérim de moins de 2 ans dans ce domaine) pour sortir de cette impasse. On était 10 personnes inscrites, à plus de 26 ans. Personne n'a trouvé d'entreprises. J'ai eu un entretien suite annonce mais pas retenue. L'entreprise a choisi une étudiante moins de 26 ans en master.
    Ça coute moins cher pour l'employeur d'embaucher des juniors. En plus il peut choisir un étudiant en master 1 ou 2 et tous les ans il renouvelle l'opération.
    Le système de l'alternance n'est pas incitatif pour les employeurs et favorise les personnes à haut diplôme. La concurrence est déloyale. Il est très difficile en France de suivre une formation en alternance si on n'est pas étudiant. Après on ose dire que les chômeurs ne veulent pas se former. De qui se moque -t-'on ? C'est révoltant ce système.

    Répondre

  • patrick
    Je serai très intéressé par un contrat en alternance,j'ai 51 ans et j'aimerai me reconvertir dans un autre métier,je suis actuellement intérimaire sans emploi et je suis préparateur de commandes,cariste.A qui dois-je m'adresser pour obtenir un contrat en alternance? Ces contrats sont -ils rémunérés?
    Merci

    Répondre

  • titus
    Ce n'est pas nouveau les contrats d'alternance pour les seniors. Reste à trouver un patron... et ce n'est pas donné.

    J'en ai fait l'expérience pour un stage de direction de projet: les entreprises contactées m'ont répondu que je n'avais pas 20 ans........

    Quelle mentalité française.....!

    Répondre

  • lionel
    Bonjour Lionel,

    je t'envoie cette information, qui pourrait te donner des idées.
    Baisers Maman

    Répondre

Publicité

Les dernières brèves

Dans la même rubrique