Comment apprend-on à gérer ses émotions ?

Publié par Agnès Wojciechowicz © Kelformation le

Les programmes relatifs à l’émotionnel sont de plus en plus nombreux, mais leur efficacité pose toujours question. Des professionnels de la formation nous expliquent la valeur ajoutée de ces programmes, le(s) public(s) qu’elles concernent, leur contenu et les résultats à escompter.

Ce n’est que récemment que les formations en gestion des émotions sont sorties de leur placard. « Auparavant, les émotions étaient un sujet tabou dans l’entreprise, constate Etienne Basse, manager de l’offre de développement personnel de Cegos. Aujourd’hui elles ont droit de cité dans la sphère professionnelle. » Savoir gérer ses émotions et celles des autres est désormais une compétence très recherchée par les employeurs. Et pour cause : « ils ont besoin de managers capables de faire face aux changements dans une équipe et de régler les conflits internes», selon Claire Roy, consultante chez CSP Formation. 

Des formations qui ne s’adressent pas qu’aux émotifs

« Les émotions font partie de tout individu. En toute logique, ces formations s’adressent à tous, d’autant qu’on peut parfois avoir des réactions qui ne sont pas adaptées à une situation donnée », affirme Biljana Zaric, responsable des activités de management, transformation et qualité de vie au travail chez Merlan. Les tempéraments des participants aux formations sont très variés. Claire Roy précise : « il n’y a pas que des émotifs, des gens à fleur de peau ou des colériques qui suivent nos stages. » Les personnes n’ayant a priori pas de problèmes émotionnels sont de plus en plus nombreuses à les suivre : ils leur permettent de mieux appréhender les situations potentiellement conflictuelles.

Découvrir les offres de formations pour gérer ses émotions

Apprendre à reconnaître les émotions utiles au travail

« L’objectif est de comprendre ce qu’il y derrière les émotions, leur origine, de déterminer si elles sont appropriées au contexte et d’identifier les pensées qui les font émerger », indique Biljana Zaric. Etienne Basse complète : « nous cherchons à reconnaître les émotions et à caractériser la façon dont elles interviennent dans la prise de décision et dans les interactions avec les autres. » Apprivoiser ses émotions peut s’avérer utile et éviter ainsi des malentendus, des conflits internes, des actions précipitées. « Un manager transverse qui a une forte capacité à mieux gérer des émotions, fortes ou pas, sera un meilleur manager », pour Stéphane Waller, directeur fondateur de Meltis 

Autodiagnostic : quel est votre quotient émotionnel ?

En deux à quatre jours, le déroulement de ces modules reste sensiblement le même d’un organisme à l’autre. « Tout d’abord, nos stagiaires répondent à un questionnaire comprenant une cinquantaine de points, qui mesure leur quotient émotionnel et leurs émotions face à certaines situations », indique Claire Roy. Des questionnaires et des quiz déterminent quelles sont les émotions le plus souvent ressenties par la personne concernée, afin de comprendre aussi ce qui les déclenche.

Jeux de rôle pour appréhender toutes les facettes d’une émotion

Vient ensuite le temps consacré à la pratique. « Par le biais d’exercices de visualisation et d’échanges, nous faisons travailler les personnes sur leurs émotions et la façon dont ils les gère pour leur apprendre ensuite à détecter, à comprendre et à réagir aux émotions des autres », résume Etienne Basse. Biljana Zaric illustre : « nos apprenants rejouent par exemple une situation déjà vécue, comme un entretien avec un supérieur hiérarchique ou avec un client important, afin de mieux comprendre et analyser les situations et donc mieux les gérer à l'avenir. » Ces mises en situations permettent en premier lieu de mieux interpréter les émotions avec lesquels le sujet est à l’aise, comme la colère.

En second lieu, le stagiaire est placé dans un contexte inverse, en étant confronté à la colère d’un collaborateur par exemple. Dans tous les cas, les personnes qui suivent ces formations sont invitées à simuler des situations problématiques dans lesquelles ils ont pu se sentir démunis, déstabilisés, agressés, perdus…

Des formations pour reprendre confiance en soi

S’il ne faut pas en attendre de grandes révolutions intérieures, ces modules ont néanmoins un impact sur le comportement de ceux qui les suivent, estime Stéphane Waller : « si j’ai un collègue euphorique dans mon équipe qui me met mal à l’aise, la formation va m’aider à comprendre les raisons de son comportement et de ma réaction, et à mieux gérer ce type de situation. »

Cela ne veut pas dire qu’un ancien stagiaire ne se laissera plus jamais emporter par ses émotions au quotidien, mais il saura mieux affronter les situations à fort enjeu. Si une personne est anxieuse lors de ses rencontres avec son supérieur, la formation l’aidera à réguler son stress et donc à se sentir plus à l’aise dans ses face-à-face. Claire Roy observe « une importante reprise de confiance en soi chez les participants, qui arrivent souvent démunis et qui repartent plus armés et prêts à interagir avec des personnes très diverses. »

Commentaires

Tous les champs sont obligatoires.


Vos réactions

Pas de commentaire

Publicité

Les dernières brèves

Dans la même rubrique