Compte Personnel de Formation : comment faire sa demande à son entreprise ?

Publié par Benjamin Dusaussoy © Kelformation le

Accessible à tous les salariés du privé, le Compte Personnel de Formation (CPF) offre les moyens mais aussi et surtout le droit de se former. En d'autres termes, de participer au développement de sa carrière. Faut-il avoir l'aval de son entreprise ? Et si oui, comment en faire la demande ?

Le Compte Personnel de Formation a pour but de bouleverser la donne en offrant l'initiative au salarié de concrétiser ses projets en matière de formation. Un dessein que confirme Denis Reymond, directeur de Practices du Pole Solutions et Conseil chez Demos : « Le CPF est un droit opposable. Autrement dit, un salarié y a droit comme pour ses congés. Et s'il ne veut pas l'utiliser, il ne l'utilise pas. »

Se former sur ou hors temps de travail

Dans le cadre du CPF, il existe deux possibilités : réaliser sa formation sur ou en dehors des heures de travail. Dans ce dernier cas, « par exemple en utilisant les RTT, il n'est jamais nécessaire d'effectuer une demande auprès de son employeur », témoigne Denis Reymond. En revanche, si la formation se déroule sur le temps de travail, il faudra en faire la demande. Demande qui pourra alors être refusée.

La loi prévoit certains cas où l’employeur ne pourra s’opposer au départ en formation de son salarié pendant ses heures de travail :

  • s’il s’agit d’une entreprise de plus de 50 salariés n’ayant pas respecté ses engagements en matière de formation
  • si le salarié veut suivre une formation du socle de connaissances et de compétence

 

Lire aussi: Compte personnel de formation, ce qui va changer

Négocier les conditions de la formation

Lorsque l'entreprise accepte la formation, s'entame alors une négociation. « L’employeur va analyser quelle contrepartie il pourra faire valoir, comme par exemple avoir un droit de regard sur le contenu ou la période de réalisation », relève Denis Reymond. La demande doit s'effectuer 60 jours avant le début de la formation si celle-ci dure moins de six mois et au minimum 120 jours si celle-ci dure six mois ou plus. L'entreprise a de son côté 30 jours pour répondre. « Faute de quoi, elle n'a plus son mot à dire et la demande est acceptée », note Alain-Frederic Fernandez, expert en formation aux Editions Tissot.

Des financements supplémentaires

Si les heures disponibles sur le compte sont insuffisantes pour couvrir l'intégralité d'une formation, il sera toujours possible de solliciter différents acteurs, des "abondeurs", à l'instar de l’entreprise elle-même, de l’Opca (Organisme paritaire collecteur agréé) de rattachement, d'un Opacif comme le Fongecif ou de l’Agefiph pour les personnes handicapées. Autre possibilité, « si le salarié accepte d’utiliser son CPF dans le cadre d'une période de professionnalisation, alors tout le monde y gagne car les financements seront assurés intégralement par le par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) », témoigne Alain-Frederic Fernandez.

Les salariés des petites entreprises pas oubliés

Les collaborateurs des petites entreprises de moins de dix salariés bénéficieront eux aussi d'un compte qui sera alimenté selon les heures de travail prestées. C'est le FPSPP qui a pour mission d’aider l’accès de ces entreprises à la formation professionnelle, en organisant la prise en charge des actions de formation effectuées.

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