Comment devenir bilingue en anglais au milieu de débutants ?

Publié par © Kelformation - Séverine Degallaix le

On vous l’a dit et répété : le meilleur moyen d’apprendre une langue, c’est l’immersion. Et pourtant, les organismes de formation s’entêtent à vous enfermer dans une pièce avec des élèves du même niveau que vous. Paradoxe ou méthode du siècle ? Les trois questions qu’on se pose sur les cours d’anglais en France.

Est-ce que je ne serais pas mieux en Angleterre ?

Pas forcément. Débarquer à Londres sans avoir quelques bases dans la langue de Shakespeare, c’est un peu se jeter dans le grand bain sans savoir nager. Michaela Karp, directrice du département Demos Langues, avertit en effet les aventuriers : « vous risqueriez vite de paniquer et de vous décourager en constatant que vous ne vous débrouillez pas du tout. »

Même pour ceux qui ont déjà des notions, la technique n’est pas forcément idéale. Pourquoi ? Parce que « les natifs que vous côtoierez ne sont pas formateurs. Ils ne corrigeront pas vos erreurs et ils ne vous expliqueront pas le fonctionnement de la langue. » ajoute Michaela Karp. « Vous imaginez le buraliste du coin vous donnant un cours de grammaire ? » renchérit Nathanael Wright, fondateur de Wall Street Institute,.

Sans compter que « pour qu’une immersion soit vraiment efficace, il faut partir au moins six mois. Ca demande des moyens et du temps », rappelle Nathanael Wright. Or, si ce premier élément fait souvent défaut aux plus jeunes, les professionnels expérimentés manque du second. Le résultat de tout cela ? « Avec le nombre d’heures nécessaires pour maîtriser la langue en vivant dans le pays, une formation d’une durée équivalente est moins coûteuse et plus efficace ! »

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Je ne progresserais pas mieux avec des meilleurs que moi ?

Sûrement pas. Car les mélanges de niveaux présentent toutes sortes d’inconvénients. Les meilleurs sont vite agacés d’être ralentis par les débutants ; l’organisation des cours pour faire progresser tout le monde au même rythme relève du cauchemar logistique et, enfin « les moins bons ne sont pas assez à l’aise pour prendre la parole devant les autres, a constaté Béatrice de Launay, directrice de la communication du CFILC Ecole de Langues. Se retrouver avec des gens du même niveau que soi désinhibe. » Et comme la pratique est la clef de la réussite, on comprend l’intérêt des tests de niveau indispensables à toute entrée dans une école de langues.

Et puis, avec un melting pot de niveaux, les erreurs ne servent plus à grand-chose : les premiers de la classe n’apprennent rien de celles des retardataires puisqu’ils les ont déjà commises en leur temps. De leur côté, les débutants n’entendent pas celles des meilleurs. Ils ne font pas non plus nécessairement attention lorsque le professeur corrige ces quasi-bilingues car ils ont leurs propres problèmes sur lesquels se concentrer. « Or, avoir la possibilité de repérer les erreurs des autres est un excellent moyen d’apprendre », note Nathanael Wright.

L’autre critère de composition des groupes est le but de l’apprentissage. « Les formations spécialisées, de type anglais des ressources humaines ou anglais juridique, se développent de plus en plus, remarque Michaela Karp. Dans ce cas, on part du spécifique, le vocabulaire métier, pour aller ensuite vers le général, les règles de langage. » Imaginez combien de temps il vous faudrait arpenter les rues de New York avant de tomber par hasard sur la traduction de "avancement de part successorale" !

 

Les formations anglophones en France, pourquoi ça marche ?

D’abord parce qu’il y a une méthode, tout simplement. Elle peut différer en fonction des organismes, mais que les stages soient basés en grande partie sur la préparation des cours, comme au Wall Street Institute, ou sur le triptyque conversation/grammaire/vocabulaire, comme au CFILC, elles ont toutes un point commun : elles ont fait leurs preuves !

Ensuite parce que, comme l’explique Béatrice de Launay, « on travaille en petits groupes, ce qui veut dire que le formateur a du temps à consacrer à chacun. » Une conversation en face à face avec une personne qualifiée pour corriger votre vocabulaire ou votre accent : rien de tel pour progresser !

Enfin, l’efficacité de ces stages s’explique aussi grâce à l’abondance des outils multimédias et à leur cohérence avec le cursus suivi. Les formateurs se font en effet un plaisir de recommander à leurs élèves des lectures ou activités correspondant à leur niveau et à leurs besoins. Merci qui ? Merci la technologie ! « CD, DVD, Internet, journaux, radio, télévision… énumère Michaela Karp. Il n’y a pas un seul domaine dans lequel on ne puisse pas trouver quelque chose d’intéressant en anglais. »

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