Prise de parole en public : 7 conseils pour faire la différence

Publié par Benjamin Dusaussoy © Kelformation le

Quand on prend la parole face à une audience, le discours ne suffit pas. Pour marquer les esprits, il faut travailler son intervention à différents niveaux. Envie de progresser ? Un coaching individuel ou une formation de groupe vous permettront de vous révéler rapidement.

D’après le psychologue américain Albert Mehrabian, lors d’une présentation, le public ne retient que 7% des mots que vous prononcez. En revanche, il sera beaucoup plus attentif au "paralangage" (timbre de voix, rythme, etc.), puisqu’il devrait en retenir près de 40%. Mais ce qui reste d’une intervention, c’est avant tout la fameuse communication non verbale (regard, posture, look, etc.) : elle compte pour la moitié de l’impression que vous laissez à votre audience.

Définir le cadre de son intervention

Présenter son métier, ses activités, une thématique… L'un des principaux dangers lors d'une prise de parole consiste à vouloir tout dire. Or, « il est important de choisir un angle et de ne pas tomber dans une liste à la Prévert », prévient Philippe Van Den Bergh, comédien et formateur pour Théâtre à la Carte. Pour cela, « définissez votre stratégie de communication avant même de commencer à préparer le contenu, conseille Agnès Beauvilain, coach en communication et fondatrice du cabinet Ophilea. En coaching ou en formation, vous aborderez l'objectif de cette prise de parole en public, le contexte d'intervention ou le type d’auditoire et ses attentes. »

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Savoir interpréter son texte

« Trop souvent, l'interlocuteur reste cérébral. Il écrit et remet en forme le texte, mais ne l'incarne pas », constate Pia Martin, manager en communication chez Cegos et consulante senior. D'où l'importance de le répéter à haute voix, en marchant ou sous la douche, « pour apprendre à parler avec son corps et alléger le style en passant de l'écrit à l'oral avec davantage de liants. Evitez aussi de construire votre discours avec les temps du passé : imparfait, conditionnel ou même le futur. La communication orale nécessite le temps présent et utilise des verbes d'action », rappelle Pia Martin.

Choisir le bon support

Point-clé d'une présentation : le support. Pour Philippe Van Den Bergh : « des fiches sont idéales car très pratiques. L'interlocuteur les tient bien en main. D'autre part, elles sont faciles à manipuler si vous avez un micro. Vu leur taille, elles obligent aussi à un travail de synthèse, à l'inverse des feuilles A4. » Si aujourd'hui beaucoup utilisent PowerPoint, celui-ci doit contenir maximum 2/3 points-clés et servira de support visuel pour le public. « Autrement, vous le lirez et tournerez le dos à votre auditoire », témoigne-t-il.

S'échauffer quelques minutes avant

La prise de parole en public est avant tout un sport. La première préparation n'est donc pas intellectuelle, mais bien physique. « Cela revient à s'isoler dans un coin cinq minutes avant la prise de parole et vérifier que la respiration est bien en place, échauffer sa voix, évacuer les tensions en se secouant… commente Philippe Van Den Bergh. Pendant les formations, nous enseignons des exercices qui permettent de se relaxer, ou de placer sa respiration abdominale. Car si certains arrivent à la mettre en place naturellement, beaucoup respirent à l'envers. »

Dans la mesure du possible, il est aussi utile de repérer à l’avance la salle où vous interviendrez. Cela vous permettra d’adapter votre posture et votre voix à l’espace.

Maîtriser son débit

Selon Isabelle Calkins, coach et formatrice en prise de parole : « poussées par le trac, les personnes qui interviennent en public ont un débit bien trop rapide. » Soigner l'articulation ralentit le débit. L'élocution devient alors plus claire et le public aura ainsi le temps de recevoir l'information. « Pour y parvenir, nous travaillons sur l'articulation par le biais d'exercices concrets où nous allons mettre en lien la respiration et l'articulation de manière ludique à partir de phrases types à répéter, de la vidéo, d'exercices collectifs … », relève Pia Martin.

S'appuyer sur le regard

Puisque la prise de parole est un acte physique, elle nécessite un réel engagement du corps. Et plus particulièrement du regard. Pour Philippe Van Den Bergh : « que ce soit avec 10 ou 500 personnes, dans toute communication le contact par le regard change le rapport. Au lieu de faire de votre auditoire un adversaire, faites-en un partenaire. Le protagoniste qui parle sans regarder n’est plus à l'écoute de son public et se prive de nombreux signaux : l'intérêt, la fatigue ou une mauvaise compréhension. » Grâce au regard, la prise de parole devient plus interactive.

Occuper l'espace de façon efficace

« Le public écoutera ce que vous dites et, plus encore, qui vous êtes », assure Isabelle Calkins. En d'autres termes, votre manière de vous comporter. Adopter la bonne posture est primordial. Choisirez-vous de vous déplacer en allant vers votre public par exemple ou de rester à côté de votre pupitre ? Dans ce cas, celui-ci ne doit pas devenir un écran. « En formation, 80 % du temps est consacré à la pratique. C'est ce que l'on appelle la pédagogie de l'erreur : à force de mal faire, on finit par trouver son personnage », conclut Philippe Van Den Bergh.

Commentaires

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Vos réactions

  • Fousseyni
    je ne cesse de m'ameliorer grace à vos conseil
    Comment on peut avoir les themes comme documentations

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  • Jean-Marie
    Bonjour.
    Toutes ces observations sont bien expliquées et bien étayées. Néanmoins rien de tel que "l'essayage " en situation réelle.
    Mon expérience m'a appris que les 1ères interventions effectuées devant un nombreux public, j'ai demandé à 3 amis(es) de s'installer au-hasard dans la salle et de repérer discrètement ce qui allait et ce qui ne collait pas.
    Après nous faisions un débriefing où nous mettions tout à plat pour ne pas refaire les mêmes erreurs.
    Et c'est ainsi que les progrès ont été nets. Je ne sui pourtant pas un Tribun public s'adressant sur la place de l'Agora, mais 2 ou 3 petits trucs pour que votre intervention ne lasse pas :
    1- jamais je ne prends place dans une chaise derrière le bureau, car cela crée un barrage. Quelque chose qui met à l'aise, vous mettez votre petite bouteille d'eau dans la poche, et je commence à me présentez et explique pourquoi je viens.
    2- J'essaye avec un micro portable de faire participer celles et ceux qui souhaitent intervenir. Je m'efforce de toujours suivre la trame de mes interventions sans y déroger.
    3- Si vous sentez que l'auditoire commence à s'assoupir, surtout après manger, une petite blague légère, non graveleuse va réveiller tout le monde; c'est garantie.
    4- Comme mes Interventions sont toujours liées à des problèmes de Santé, à une question posée par moi, la 1ère adolescente ou adolescent qui répond juste, je lui fait gagner un gadget ( Stylo, magnets, carnet de prises de notes, préservatifs,...). J'ai constaté qu'en se déplaçant , pas trop, cela plaisait. S'asseoir sur un coin de leur bureau, cela détend. Ne pas se laisser déborder par des prises de paroles intempestives, non courtoisement, on s'écoute.
    Et depuis 12 ans que je pratique comme cela, même auprès d'adultes, c'est toujours une bonne approche.
    Par contre ce qui lasse, ce sont les intervenants assis derrière leur grand bureau, n'en bougent pas, et ne font pas participer l'auditoire.
    Communiquer est un exercice difficile qui n'est pas simple pour le maîtriser...
    Bon courage.
    BOULENOUAR Jean-Marie
    BJM.IDE@wanadoo.fr

    Tous ces détails se révèlent très efficaces. à tel point qu'à la fin, l'auditoire que vous avez intéressé semble déçu que cela s'arrête si tôt.

    Répondre

  • efoa
    bonne lecture aba johnson

    Répondre

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