BTS : comment éviter le décrochage?

Publié par © Kelformation – Agnès Wojciechowicz le

L’abandon scolaire n’est pas l’apanage des étudiants en fac. En effet, plusieurs centaines d’élèves de BTS jettent l’éponge chaque année. Quels sont les signes avant–coureurs d’un décrochage et comment y remédier ? Des réorientations sont-elles possibles? Des responsables pédagogiques font le point.

LE RISQUE DE L’ORIENTATION PAR DÉFAUT

Les étudiants issus des sections de techniciens supérieurs (STS) seraient près de 22 % à capituler en cours de formation, selon une étude réalisée par le CEREQ (Centre d’études et de recherche sur les qualifications) en 2010. Ces décrochages s’expliquent par une profonde démotivation des élèves, un désintéressement dont les prémices peuvent être identifiées en amont.

C’est notamment le cas d’une inscription faite à la dernière minute, selon Elsa Seraphon, directrice de l’IFC Montpellier : «souvent, le décrocheur n’a pas pris le temps de réfléchir à son parcours et s’est décidé rapidement.»  

La solution: Il est impératif de mûrir votre projet professionnel pour ne pas vous orienter par défaut. Passer au crible le programme, les matières enseignées et les débouchés est nécessaire pour vous assurer que le contenu du BTS corresponde bien à vos attentes. 

 

UN RYTHME SCOLAIRE INADAPTÉ 

Le type de bac obtenu peut également être un facteur de décrochage. « Certains jeunes au parcours plus professionnalisant peuvent se sentir perdus. En bac pro, ils passent beaucoup de temps en stage, où la part de l’applicatif est plus importante, alors qu’en BTS, le rythme est très scolaire, incluant des cours, des révisions, du travail personnel et des examens  », relève Antoinette Martin-Lise, directrice des programmes de BTS de l’IDRAC. De ce fait, ces bacheliers issus des filières techniques peuvent rencontrer des difficultés scolaires, prendre du retard et risquer de finir par se décourager. 

La solution: Dès les premières difficultés, ces étudiants doivent se tourner vers l’encadrement pédagogique qui est là pour les aider. Si le cursus et le calendrier le permettent, un basculement vers l’alternance, plus proche de leurs habitudes en bac pro, peut être envisagé. (Voir notre article Etes-vous fait pour un BTS en alternance?)

 

ABSENTÉISME ET DILETTANTISME

Des absences fréquentes peuvent être révélatrices d’une démotivation et laisser présager d’un abandon ultérieur de l’étudiant. « Des retards en cours et un absentéisme à répétition sont les premiers indicateurs d’un décrochage qui, dans 60 à 70 % des cas, résulte d’un problème de motivation de l’élève », confirme Antoinette Martin-Lise. En ne fournissant pas le travail demandé, l’étudiant envoie un message similaire. « La masse de travail personnel en BTS n’est pas aussi importante qu’en classe prépa, constate Elsa Seraphon.  Mais il y a un minimum à fournir qui nécessite de travailler régulièrement. Si l’élève ne s’y plie pas, il accumulera du retard et finira par décrocher. » Et d’ajouter : « les absences aux examens blancs sont de la même manière le signe que la personne ne prend pas les choses au sérieux » ou qu’elle est résignée. 

La solution : Fuir les problèmes dès les premières difficultés ne les fera pas disparaître. Adressez-vous aux enseignants des matières qui vous posent problème. Ils vous aideront à remonter la pente. 

Voir toutes nos offres de BTS 

Des résultats décourageants

Les décrochages surviennent fréquemment après les évaluations du premier semestre. « Les élèves sont alors confrontés à des résultats en-deçà de leurs attentes et au lieu de se remettre en question, ils décident d’abandonner », note la directrice de l’IFC Montpellier. Ils peinent à accepter le décalage entre le travail qu’ils ont pu fournir et les notes obtenues. « Ils ont l’impression d’avoir bien travaillé mais n’ont pas forcément la bonne méthodologie », analyse Elsa Seraphon.  

La solution : Pas question de se décourager pour autant : « il y a quatre sessions d’examens sur les deux années de BTS, rappelle-t-elle. Si on rate le premier, il y en a trois autres pour se rattraper. »

 

Tirer la sonnette d’alarme

Dans tous les cas, le meilleur remède au décrochage est celui d’alerter l’entourage pédagogique. « Les jeunes hésitent souvent à se tourner vers eux car ils ont peur d’être jugés. Il ne faut pas hésiter à dire qu’on décroche, qu’on doute, qu’on n’est pas sûr du choix de son orientation, car ils sont là pour écouter et pour aider », assure Antoinette Martin-Lise. De cette façon, un plan d’action pourra être fixé afin de rattraper le retard accumulé. « Ils vont reprendre avec l’élève tout ce qui ne fonctionne pas, étape par étape, matière par matière, et lui assigner de nouveaux objectifs pour qu’il se sente accompagné et soutenu », complète Antoinette Martin-Lise. Si les difficultés surviennent dans les premières semaines de la formation, une réorientation peut être envisagée. 

La solution: Là encore, mieux vaut en appeler aux responsables pédagogiques, afin de  déterminer les possibilités (Voir notre article, comment se réorienter en BTS). Si le désengagement survient en milieu d’année, Antoinette MartinLise conseille de s’accrocher pour « avoir la possibilité de se positionner sur un cycle d’orientation classique en fin d’année scolaire. Car se retrouver chez soi en février sans perspective est loin d’être évident. »

Commentaires

Tous les champs sont obligatoires.


Vos réactions

Pas de commentaire

Publicité

Les dernières brèves

Dans la même rubrique