Quels débouchés après une école d'art ?

Publié par Benjamin Dusaussoy © Kelformation le

En délivrant un enseignement généraliste, technique et artistique à la fois, les écoles d'art forment à une palette de métiers créatifs aussi large que variée : peintre, galeriste, illustrateur, designer de produit, architecte d'intérieur, chorégraphe… Et contrairement aux idées reçues, trouver un emploi après une école d'art ne relève pas de l'impossible!

Les diplômés d’écoles supérieures d’art connaissent des parcours d’insertion relativement similaires à ceux des autres diplômés de l’enseignement supérieur. En moyenne, 80 % d’entre eux sont insérés professionnellement trois ans après avoir obtenu leur diplôme, selon les conclusions d'une enquête menée par le CNRS et l'Institut de recherche sur l'éducation (Irédu). Les designers arrivent en tête avec un taux d’emploi de 89,3% et occupent dans 85,7% des cas des postes à temps complet.

Il s’agit cependant d’une exception car, dans l'ensemble, 40% des diplômés d’école d’art travaillent en tant qu'indépendants ou créent leur propre agence. « Le modèle que nous retrouvons aujourd'hui en suivant nos diplômés est celui de la pluri-employabilité. Tout au long de leur carrière, ils connaîtront des statuts différents », analyse David Cascaro, directeur de la Haute École des Arts du Rhin. 

De nouveaux défis pour les métiers de l'art contemporain

Faire des études d'arts ne signifie pas forcément qu'on va devenir "artiste", de type peintre, sculpteur ou photographe. Le but d'une école d'art n'est pas forcément de former des gens qui vont créer des œuvres pour ensuite les vendre.

De la production d'évènements dans des lieux culturels aux missions de médiation, les écoles d'arts plastiques ouvrent de nombreuses portes. « Nous notons de plus en plus de demandes d'artistes ou de médiateurs pour intervenir au sein d'ateliers pratiques dans les collectivités locales, dans les associations amateurs », relève David Cascaro. Et pour ceux qui choisiraient de "vivre de leurs art", « les événements pour les jeunes tels que les foires, les biennales, les prix ou les concours sont de plus en plus nombreux », souligne Emmanuel Tibloux, président de l'Association nationale des écoles supérieures d’art. 

Design : l'art de travailler en agence, en studio... ou à la maison

Les diplômés de l’option design consacreront leur carrière à la mode, à la création d'objets ou encore à l'aménagement de l'espace. « Selon une enquête menée auprès de 600 étudiants diplômés de notre école l'an dernier, 45% sont aujourd'hui salariés en entreprise, 40% travaillent en freelance et 15% sont chefs d'entreprise », témoigne Bastien Hermand, directeur de l'école de communication visuelle.

Le design d'espace forme de futurs architectes d'intérieur ou scénographes sur la scène culturelle qui travailleront en agence ou se lanceront en tant qu'indépendants.

De son côté, le design de mode propose des opportunités pour les stylistes en atelier ou en studios de création, le plus souvent intégrés quand il s'agit de grandes enseignes du prêt-à-porter.

Enfin, dans le but de concevoir des objets de grande consommation fabriqués industriellement, le design de produits connaît pour sa part des processus plus longs favorisant l'intégration des professionnels au sein même des grands groupes.

Le Web porteur de nombreuses opportunités

A l'heure du passage de l'édition imprimée à l'édition numérique, les entreprises ont plus que jamais besoin de diplômés en capacité d'adapter les questions de mise en page et de diffusion de l'image sur écran. « Les nouvelles technologies comme les tablettes interpellent les profils créatifs pour trouver de nouvelles manières de circuler dans l'information ou de présenter le rapport texte image », assure David Cascaro. Les designers graphistes et designer d'interface ont ainsi de beaux jours devant eux pour relever les défis du secteur de l'édition et des entreprises du multimédia.

Dans le domaine du graphisme, un jeune diplômé commencera la plupart du temps en agence comme assistant du directeur artistique, maquettiste ou roughman (celui qui réalise les esquisses à partir des indications des créatifs). « A terme, ces profils ont vocation à orchestrer des projets dans leur intégralité », analyse Bastien Hermand. 

Réseau, stages à l'étranger, book… Réussir son intégration

Quelque soit le secteur ou le métier ciblé, plusieurs éléments permettent de réussir son intégration sur le marché du travail. Principale clé de voûte, la construction du réseau. « Le premier réseau d'un étudiant en école d'art, ce sont les professeurs, les autres étudiants ainsi que les professionnels présents lors des workshops, des conférences… », assure David Cascaro.

Autre atout primordial, le book. « Un étudiant qui sort d'école doit être en possession d'un bon dossier de présentation de son travail personnel », témoigne ainsi Emmanuel Tibloux. Objectif : montrer ses réalisations autant que possible pour taper dans l'œil des recruteurs. Enfin, le stage à l'étranger est aujourd'hui un plus indéniable.

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