Travailler dans la mode: des dizaines de métiers s'offrent à vous

Publié par Anna Massé © Kelformation le

L'industrie de la mode ne se limite pas au stylisme ni à la haute-couture. De l'achat de matières premières à la commercialisation, elle regroupe toute une gamme de métiers notamment dans le domaine du marketing. Les entreprises deviennent de plus en plus exigeantes sur le niveau de formation et recrutent minimum à Bac +2, les métiers peu qualifiés ayant tendance à disparaître. Tour d'horizon des postes phares de la mode.

Les métiers de la création

Styliste : le plus emblématique

C'est le métier le plus connu du secteur, et pourtant, la mode ne compte que 1.500 stylistes sur 190.000 professionnels, selon l’Observatoire des métiers de la mode, des textiles et du cuir*. Chargé de dessiner des vêtements et de créer une collection, le styliste doit prendre en compte les tendances du marché, respecter l'image de la marque et bien sûr faire preuve de créativité. Aussi à l'aise sur papier que sur tablette (DAO), il travaille souvent dans l'urgence et connaît des phases d'activité intenses liées aux périodes de pré-collection et aux défilés.

Formation : Une école de mode (filière stylisme) ou un BTS design de mode qui peut être suivi d'un Diplôme Supérieur d'Arts Appliqués (DSAA) mode et environnement.

Designer textile : créativité et technique

Son travail se situe en amont de celui du styliste, puisqu'il crée les tissus et les motifs que ce dernier utilisera. La créativité est la première qualité du designer textile, mais il est également un technicien spécialiste de l'étoffe.

Formation : Un BTS design de mode, qui peut être complété par un DSAA mode et innovation technique ou design textile.

Responsable de collection : management et vision artistique

Ce poste à responsabilités est souvent occupé par le styliste ou le chef de produits. Familier des techniques de production et des impératifs artistiques, le responsable de collection fait la liaison entre l'équipe de production et les stylistes. C'est lui qui donne le feu vert avant de passer à la distribution.

Formation : BTS stylisme de mode, BTS d'esthétique industrielle ou, le plus souvent, une école spécialisée (école de stylisme-modélisme, École nationale supérieure de création industrielle).

Les métiers de la fabrication

Modéliste : les doigts magiques

On le confond parfois avec le styliste, mais son métier est très différent. Alors que le styliste dessine le vêtement, c’est le modéliste qui donne vie au modèle en créant un prototype du vêtement à partir de croquis. Une fois "la toile" créée sur le mannequin d'atelier, le modéliste dessine le patron et élabore des fiches techniques pour la production de série. « Les techniques liées à ce métier sont très difficiles à apprendre. C'est en atelier que s'acquiert le savoir-faire », souligne Xavier Chaumette, directeur du département création de Mod'Art. Modéliste n'est généralement pas un poste de débutant. Il arrive toutefois que les maisons de coutures engagent des jeunes diplômés bac +2, à condition qu'ils aient déjà une solide expérience (notamment grâce aux stages et à l’alternance). Les autres  auront la possibilité d'intégrer un atelier à un poste moins élevé,  par exemple en tant qu'assistant modéliste.

Formation : Un BTS design de mode ou BTS métiers de la mode - vêtement, qui peuvent être complétés avec une Licence Pro Modéliste Industriel.

Et les petites mains alors ?

La production étant aujourd'hui majoritairement délocalisée dans les pays émergents, les ouvriers textiles sont en voie de disparition en France. Les seuls à tirer leur épingle du jeu sont les artisans de niches très spécialisées, liées au monde de la haute couture et du luxe : passementiers, dentellières, brodeuses, plumassiers… La plupart de ces métiers sont accessibles via un CAP, mais certains savoir-faire s'acquièrent uniquement en atelier, comme c'est le cas pour la passementerie pour laquelle il n'existe aucune formation.

Les métiers du business et du marketing

Le secteur de la mode regroupe tous les métiers du management. Les fonctions marketing et communication notamment sont une mine d'emploi, comme le souligne Emmanuelle Bresson, coordinatrice enseignement marketing et communication à ESMOD-ISEM : « les grands groupes de luxe et de distribution sélective sont attentifs à ces profils, capables de s’adapter très rapidement et d’interagir avec l’ensemble des métiers et des savoir-faire en présence. Les maisons de création quant à elles vont aller rechercher des profils spécialisés en communication afin d’affirmer leur positionnement créateur. »

Acheteur : un poste central

Pilier de toute entreprise de mode, l'acheteur habillement est chargé de négocier le prix des matières premières, centralise les besoins en contactant les fournisseurs mais surtout veille sur les marchés afin de trouver de nouvelles sources d'approvisionnement en privilégiant le meilleur rapport qualité prix.

Formation: Le métier est accessible à partir d'une formation généraliste (BTS, DUT,  diplôme d'ingénieur...) complétée par une formation spécifique aux achats ou d'une licence pro spécifique (industries de la mode, gestion de la production industrielle textile habillement...). Cependant le secteur privilégie de plus en plus les bac+5 issus de cursus spécialisés (master management de la mode, master métiers de la mode et du textile) ou d'écoles de commerce complétés par une expérience dans le domaine.

Chef de produits : l'homme-orchestre

C'est sous sa responsabilité que les confections de patronages ont lieu. Son but est d'optimiser les coûts tout en s'assurant que les standards qualité de la marque soient respectés. Le chef de produits est amené à voyager fréquemment : il se trouve au centre des échanges avec les concepteurs, la logistique et les fournisseurs. Véritable homme-orchestre, il veille à peaufiner la future collection en se basant sur les résultats de l'entreprise.

Formation : école de commerce (ex : management de la mode et du luxe) ou de management de la mode, ou une école d'ingénieurs (ex : spécialité fibres et textiles ou management international textiles) suivi d'une formation en marketing.

Chargé de communication : un message cohérent

Le chargé de communication doit veiller à la qualité et la cohérence de la communication interne ou externe de l'entreprise. Il travaille de concert avec le service stratégie. S'il n'est pas sur le terrain, il perfectionne sa communication interne via les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Contacter la presse, organiser des séminaires et des présentations de bilans font partie de son quotidien.

Exemples de formation: BTS ou DUT d'information et communication, master de communication, voire de journalisme

 

Précisons que dans la pratique, la distinction entre ces professions n’est pas forcément évidente. « Chercheur de tendance, acheteur, chef de produits... c'est finalement le même métier, relativise Dominique Payot, directeur général de SupdeMod. Un professionnel qualifié peut être amené à occuper les trois fonctions dans une même journée. » 

* chiffres étude Forthac 2010

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